L’ASBH, sa deuxième famille

L’ASBH, sa deuxième famille

Agglo Béziers Méditerranée ASBH Aqui rugby Emile Bolzan Milou

Depuis plus de trente ans, il préside l’association des anciens rugbymen de l’ASBH. Témoin et acteur du rugby amateur qui fit les beaux jours de l’ASBH, Emile Bolzan, 83 ans, surprend par son dynamisme et émeut lorsqu’il évoque son club, « sa seconde famille », qu’il n’a jamais vraiment quitté. Rencontre avec « Milou » le talonneur mythique du club biterrois.

D’où venez-vous, Milou ?

Je suis né à Toulouse en 1936. À la libération, ma famille s’est installée à Lignan-sur-Orb, avant de déménager à Béziers en 1955. J’y ai suivi mon apprentissage dans la menuiserie, au lycée Jean-Mermoz, puis j’ai travaillé dans plusieurs entreprises de la ville.

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Racontez-nous votre découverte du ballon ovale…

J’ai découvert le rugby à Béziers, à l’âge de quinze ans. En grandissant, j’ai rejoint l’ASB, que l’on connaît de nos jours sous le nom d’ASBH. D’abord en junior, puis en équipe première quand j’ai eu 20 ans.

Pendant 10 ans, j’ai toujours été talonneur. C’est un poste difficile à tenir mais qui me plaisait car j’aime le contact avec l’adversaire : quand on se touche, on peut vraiment jauger le joueur que l’on a en face.

Quel est votre palmarès ?

Le rugby m’aura offert beaucoup de réussite. J’ai commencé la compétition en 1956, au sein du bataillon militaire créé à Joinville (à Paris). Il accueillait des sportifs et il envoyait chaque année une équipe de France affronter les anglais. Pendant les deux ans de mon service militaire, avec mes coéquipiers, nous avons gagné à Paris et à Twickenham.

Puis avec l’ASBH, j’ai participé à quatre finales (entre 1960 et 1963) dont une remportée en 1961 en championnat de France. Quand j’ai arrêté, en 1966, je suis rentré dans la famille du club. Aujourd’hui ça m’intéresse de savoir comment il va évoluer, je viens régulièrement voir le staff et les joueurs.

Quels souvenirs gardez-vous de cette époque ?

J’ai connu un autre rugby, et j’en garde une très bonne image. Ce n’était pas le même sport auquel on joue en 2020. Aujourd’hui les joueurs sont professionnels et s’entraînent chaque jour. Les règles ont changé, elle sont plus difficiles, et puis les entraînements et la prise en charge des joueurs sont différents…

Ce n’était pas pareil dans les années 60 ?

Pas du tout ! avec mon équipe, on s’entraînait deux ou trois heures par semaine. La différence est là. On ne peut pas comparer les deux sports.

Qu’est-ce qui vous plaît dans le rugby ?

Cette ambiance amicale. Même si, de temps en temps, le rugby était un peu dur, on l’oubliait vite et on ne gardait que le positif. Le rugby amène cette facilité de rapprochement. Le collectif, c’est une de ses premières règles !

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Milou avec l’un des joueurs de la nouvelle génération, le talonneur de l’ASBH, Marco Pinto-Ferrer.

Qui voyez-vous champion de Top 14 cette saison ?

Il est difficile aujourd’hui de donner mon pronostic car la ligue impose trop d’engagements, beaucoup trop de matchs. Participer a différentes compétions comme la coupe d’Europe coûte très cher dans les résultats des équipes. Les effectifs des équipes grimpent à plus de trente joueurs. Alors que je vous rappelle que le rugby se joue à quinze !

Et en ProD2, l’ASBH peut l’emporter ?

Soyons honnêtes. Elle mise sa carte et cette saison n’est pas facile. Le titre va se jouer entre Perpignan, Grenoble ou Oyonnax. Ce sont des clubs qui sont habitués à monter puis redescendre, et ça leur est plutôt favorable.

Que pensez-vous du rugby féminin ?

La professionnalisation a aidé à féminiser le rugby, et c’est une bonne chose. Et en même temps, le sport devient physiquement très dur ! Les filles sont obligées de se mettre au niveau pour encaisser les chocs.

En dehors du rugby, que faisiez-vous ?

Pendant presque 30 ans, j’ai été le responsable local de l’association Ligue contre le cancer. Cette cause me touche beaucoup car ma femme est décédée de cette maladie. L’association compte énormément de bénévoles, plus de 80 délégations dans l’Hérault, qui ont toutes le même but : mobiliser pour financer la recherche médicale. Aujourd’hui, j’ai laissé la place aux jeunes qui ont des idées neuves !

Et puis il y a votre deuxième maison : l’ASBH…

Vous savez, mes parents ont émigré d’Italie, nous étions une petite famille. Le rugby m’en a offert une seconde plus grande ! Aujourd’hui encore, je passe beaucoup de mon temps avec le club. Je suis leurs entraîne- ments, les victoires et les dé- faites. Il faut les encourager, car cette saison n’est pas facile. Et puis, je suis aussi le président de l’association des anciens rugbymen de l’ASBH.

Vos projets dans les mois à venir ?

Je suis dans les rangs des invités, je vais un peu partout quand je peux le faire. Je n’ai plus d’activité professionnelle ce qui me laisse le temps de faire ce dont j’ai envie de faire, de rendre service aux gens, car ça, ça me préoccupe beaucoup. Je suis aussi l’évolution de mon petit-fils, Frédéric Quercy. Il a joué en espoirs à Montpellier, en cadets à Béziers et joue actuellement à Nevers en ProD2.

Que diriez-vous aux jeunes qui souhaitent faire du rugby ?

Je leur dirais que c’est un sport dans lequel on ne peut pas rentrer si on n’en a pas envie. Il ne faut surtout pas y aller pour faire plaisir aux parents ! Et puis, qu’ils touchent d’abord à deux ou trois sports de façon à bien faire leur choix.

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