Alcool, cannabis, tabac : les projets de l’Agglo retenus par le ministère

Alcool, cannabis, tabac : les projets de l’Agglo retenus par le ministère

Lauréate, avec neuf autres collectivités, de l’appel à projet de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, l’Agglo va s’engager de toutes ses forces dans cet enjeu sociétal majeur.

C’est à la fois une triste réalité et un problème sociétal majeur : la consommation régulière de substances psychoactives (alcool, tabac, cannabis, cocaïne, etc.) est en augmentation, notamment chez les jeunes. En Occitanie, la part des 17-18 ans déclarant fumer quotidiennement est passée de 34 à 37 %. Ibidem concernant la consommation d’alcool, avec un ratio passant de 23 à 28 %*. Face à ces chiffres préoccupants qui n’épargnent pas le territoire de Béziers Méditerranée, l’Agglo a décidé de répondre à un appel à projets de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca). Sa candidature vient d’être retenue, avec celles de neuf autres collectivités de l’Hexagone. Et son projet a même obtenu l’enveloppe maximale allouable dans ce cadre, soit 225 000 euros !

« Les enjeux de la cohésion sociale n’ont pas de frontières et valent partout, atteste le président de l’Agglo, Frédéric Lacas. La prévention des addictions n’est pas donc uniquement une question de santé publique pour l’Agglo. Ici, nous avons fait le choix de l’intégrer dans une démarche combinant l’éducation, la citoyenneté, le lien social, la parentalité, l’accès aux soins, au droit, à la culture, etc. Et nous avons toutes les compétences pour changer la donne. C’est cela, notre force. »

Le projet de l’Agglo présenté à la Mildeca comprend trois volets. Le premier est orienté sur la sensibilisation des acteurs et décideurs concernés par ce domaine. L’idée : organiser des conférences, projections, animations ou formations afin de mieux appréhender le sujet et les risques encourus par la consommation de ces substances. Et donc, de mieux communiquer au niveau local en adaptant le discours… « On croit par exemple que le cannabis est le plus répandu ou que ce sont les jeunes qui consomment le plus d’alcool, explique Cécile Lafontan, chargée de la mission Prévention, sécurité et médiation à l’Agglo. Ce sont des idées reçues. La question de l’alcool est parfois plus compliquée à aborder avec les 35-40 ans qui ont l’impression de maîtriser leur consommation et le cannabis n’est pas que l’apanage des jeunes ! »

Une bodega sans alcool à la feria ?

Les deux autres volets s’adressent quant à eux directement au grand public. Et l’Agglo a des idées à la pelle :
  • organisation de ciné-débats et projections en lien avec la thématique des addictions
  • organisation d’une journée axée sur la prévention et la sécurité routière
  • création d’un jeu de société autour de la prévention des addictions
  • réalisation de pocket films ou de courts-métrages autour de la prévention
  • organisation d’un tournoi intercommunal de football avec les jeunes de l’Agglo pour aborder les questions d’hygiène de vie ou de nutrition
  • mise à disposition d’une fontaine à eau dans chaque fête pour éviter la déshydratation
  • prix attractifs pour les « soft drinks »
  • instauration de « lieux sans » lors des manifestations culturelles, festives et sportives, à commencer par la feria où l’on pourrait échanger sur les conduites addictives au sein d’une « soft bodega », etc.

Autant d’initiatives qui visent un seul objectif : changer les comportements. Non pas par l’intermédiaire d’un message négatif ou moralisateur mais via des actions ludiques et innovantes, grâce aux multiples partenaires de l’Agglo. Bref, en cassant les codes, mais pour la bonne cause…

* Tableau de bord sur la santé – 2016 (ORS Midi-Pyrénées, CREAI ORS Languedoc-Roussillon). L’état de santé de la population 2017 (DREES, Santé publique en France)

C’est toujours bon de le savoir…

Si l’Agglo est arrivée dans le peloton de tête parmi 70 candidats, c’est parce qu’elle a une sacrée expérience en la matière. Depuis plus de 15 ans, elle multiplie les actions en direction des jeunes et des publics prioritaires. Elle pilote ainsi plusieurs dispositifs dans le domaine de la santé, de la réussite éducative, de la médiation, de la prévention de la délinquance et des conduites à risques en milieu festif ou encore de l’éducation artistique et culturelle. Enfin, elle peut compter un réseau investi de plus de 300 partenaires professionnels du sanitaire, du médico-social et du social. Autant d’outils, dont l’utilité n’est plus à démontrer, qui contribuent au « mieux vivre » et au bien-être de chaque habitant.    

En chiffres

En France, plus de deux millions de personnes souffrent de pathologies liées à ces consommations. 73000 sont tuées chaque année par le tabac, 50 000 par l’alcoo

En France, plus de deux millions de personnes souffrent de pathologies liées à ces consommations. 73 000 sont tuées chaque année par le tabac, 50 000 par l’alcool.

Pour aller plus loin

Souhaitant aider les collectivités désireuses de changer la donne, à l’échelle de leur territoire, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives a lancé en mars 2018 un appel à projets visant à favoriser une action globale en direction des jeunes contre les consommations à risque d’alcool, de cannabis et de tabac. Plus de 70 territoires ont candidaté à cet appel à projets et ont ainsi témoigné de leur engagement contre les addictions. Dix collectivités ont été retenues suite à l’examen des dossiers : CA Béziers Méditerranée (34), Cherbourg en Cotentin (50), Fontaine (38), La Possession (974), CA Maubeuge Val de Sambre (59), Merville (59), Montrabé (31), Nice (06), Petite Terre (975), Rosny-Sous-Bois (93). Les actions qui seront menées permettront de mieux protéger les jeunes en mobilisant des territoires sur lesquels vivent près de 1,5 million de personnes. Par la construction d’un plan d’actions global, il est escompté une évolution des consommations des jeunes par :

  • une transformation des représentations associées aux produits psychoactifs (alcool, tabac, cannabis), en particulier par une meilleure connaissance des risques et dommages associés ;
  • une diminution de l’accessibilité des produits licites (alcool, tabac), notamment par le respect de l’interdiction de vente de ces derniers aux mineurs ;
  • la création d’un environnement familial protecteur et la mobilisation des adultes et des jeunes eux-mêmes.
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