Armand Vaquerin, l’effrayante légende

Armand Vaquerin, l’effrayante légende

Armand Vaquerin, né le 21 février 1951 à Sévérac-le-Château et mort le 10 juillet 1993 à Béziers, est un joueur de rugby français.

Durant sa carrière, bien que jouant essentiellement au poste de pilier gauche, il fût un joueur de champ reconnu, après avoir pris définitivement la succession de Jean-Pierre Hortoland en 1972. Il est encore à ce jour le détenteur du plus gros palmarès national du rugby français (10 titres pour 11 finales jouées) en tant que joueur, obtenu grâce à son club de Béziers, qui dominait le rugby hexagonal dans les années 1970-1980. il fêtera son jubilé en Août 92, devant un parterre d’avants français internationaux.

Un mental d’acier et un physique de déménageur, c’est sûrement cela qui empêchait ses adversaires de rire de son si caractéristique cheveux sur la langue. C’est aussi cela qui l’a fait citer, en 2006 par le Sunday Time, parmi les 10 joueurs français les plus effrayants, au côté de ses compères Estève et Palmié pour ne citer qu’eux. Rarement blessé, que ce soit physiquement ou à l’orgueil, seule reste à signaler une grave entorse au genou lors de la finale de 1975, se rappelant ensuite parfois à son « bon » souvenir. Homme attachant hors du pré, il passait souvent avec son frère Élie (de son vrai prénom Hélios, né en 1949), derrière le bar du commerce familial, le Mondial à Béziers, où aimaient à se retrouver avant et après les matches, supporters et joueur. Ils jouèrent ensemble en première ligne, pour l’obtention du titre national en 1972. Pas avare de bons mots, en dehors comme sur le terrain, il disait “J’essaie, pour me motiver, d’effacer le passé et de recommencer comme si c’était la première finale”. Une “première finale” qu’il joua onze fois (une seule défaite contre Agen, 13-10, en 1976) pour la remporter à dix reprises. Enfin, quand au début des années 90, il vit arriver la musculation dans les clubs de rugby, il se plaisait à dire “ça fait pousser les muscles, mais pas les c..illes”.

En 1984, après sa prestigieuse carrière, il s’installe à La Graverie dans l’Aveyron Sud, où il fait la connaissance du président du Rugby Club du Rougier (Bernard Bouzat), qui le fait alors nommer président d’honneur de son club. Depuis l’année de son décès, il donne son nom à un challenge de prestige organisé par « Les Amis d’Armand », sa famille et des dirigeants du RC Rougier, de Camarès et de Saint-Affrique tous les ans au mois d’août, le Challenge Armand Vaquerin. Le stade de Valras-Plage porte également son nom, et l’association des « Amis d’Armand » organise parfois quelques matchs vétérans sur la région. Une stèle lui est dédiée l’après-midi du 13 septembre 2007 au stade de la Méditerranée, lors d’une rencontre contre le Stade Français.

Il décède en 1993 à l’âge de 42 ans, neuf ans après la fin de sa carrière sportive au plus haut niveau, au cours d’une « démonstration » de roulette russe dans le bar biterrois « le bar des Amis », avenue Gambetta.À noter que cette version est remise en question par un podcast intitulé « Le canon sur la tempe », publié en décembre 2018 et réalisé par Alexandre Mognol. En effet, le passé opaque d’Armand Vaquerin y est décrit : ses fréquentations dans le milieu de la nuit, ses relations avec les milieux mafieux toulonnais (Jean-Louis Fargette), sa consommation de stupéfiants (cocaïne). Il est inhumé au cimetière neuf de Béziers.

Sa légende, encore tenace plus de 20 ans après sa mort, fait dire aux biterrois, y compris ceux qui ne l’ont pas connu comme joueur: à Béziers il y a Jean Moulin et Armand Vaquerin.