Auguste Albertini, le maire « interdit de séjour » dans sa ville

Auguste Albertini, le maire « interdit de séjour » dans sa ville

Né à Ajaccio le 15 Novembre 1890, Auguste Albertini est arrivé à Béziers à l’âge de 5 ans. Après avoir suivi ses études au lycée Henri IV, il a préparé une licence de sciences à la faculté de Montpellier.

Le décès de son père et surtout la mort tragique de son frère en 1911, l’enseigne de vaisseau Dominique Albertin (dans la catastrophe du Liberté à Toulon) ont interrompu provisoirement ses études. À 19 ans, il deviendra tout de même professeur de mathématiques au collège de Narbonne.

Lors de la première guerre mondiale, il sert dans l’infanterie jusqu’au jour où, gazé à l’ypérite à Berry-au-Bac, il fut ensuite renvoyé dans ses foyers, après avoir reçu la Médaille Militaire et la Croix de Guerre. Nommé professeur à l’école pratique de Béziers, il reprend le poste longtemps tenu par son père.

Le 3 mai 1925, il entre à la mairie de Béziers comme deuxième adjoint. Il deviendra premier adjoint lors des élections du 12 mai 1929. La mort d’Emile Suchon, Maire de Béziers, le 9 janvier 1932, lui ouvrira l’accès au poste de premier magistrat de la ville et l’amènera au Conseil Général de l’Hérault et sera réélu aux élections de 1935. Il sera également décoré de la croix de la Légion d’honneur le 3 janvier 1936. Elu député de l’Hérault (Républicain radical puis radical-socialiste) du 26 avril 1936 au 30 décembre 1939, Il fut également sénateur de 1939 à 1940 et maire de Béziers de 1932 à 1944. En 1936, il s’élève contre toute alliance avec les communistes, contre l’intervention dans la guerre d’Espagne au bénéfice de la république espagnole et en 1940 il vota les pleins pouvoirs à Pétain.

Arrêté le 22 août 1944 et frappé d’interdiction de séjour, le Parquet de Béziers, en accord avec le Parquet Général et après plusieurs enquêtes, conclura à sa non-culpabilité. Auguste Albertini sera libéré après sept mois de détention, relevé de son inéligibilité et à nouveau autorisé à résidence. Malgré tout, Il s’exilera dans son île natale, où il exercera comme professeur de mathématique au Lycée de Bastia jusqu’en 1952, date à laquelle il est revenu à Béziers retrouver son poste à l’École Pratique.

Il ne reprendra pas la politique et décèdera le 27 novembre 1967 à Béziers, où il sera inhumé au cimetière neuf. Pour le premier anniversaire de son décès fut inauguré, à Béziers, le boulevard Auguste Albertini dans le prolongement de l’avenue dédiée à son frère, l’enseigne de vaisseau Dominique Albertini mort héroïquement à l’âge de vingt-deux ans, en organisant le sauvetage de ses matelots en tant que seul officier à bord du Liberté lors de la catastrophe de 1911. Dominique Albertini a eu l’honneur d’obsèques nationales.