Denis Loisel : le miel de la MAM, c’est grâce à lui !

Denis Loisel : le miel de la MAM, c’est grâce à lui !

Denis Loisel fait partie des quelque 50 apiculteurs référents du programme Abeille, sentinelle de l’environnement®. Et c’est lui, en « bon père de famille », qui veille sur les 200 000 abeilles nichées dans les ruches de la MAM.

« La colonie grossit, mais ce n’est pas encore l’heure du miel, lance Denis Loisel. Aucune année ne se ressemble, l’an passé, nous avons récolté fin juin. » Denis Loisel, c’est l’apiculteur en charge des ruches installées dans le patio de la médiathèque André-Malraux. Quatre colonies de 50 000 abeilles, soit 200 000 abeilles avec des reines qui pondent 2000 œufs par jour…
Cela en fait du monde là-dedans ! « Mon job, poursuit-il, en bon père de famille dirais-je, c’est de m’occuper des ruches et de faire en sorte que les abeilles aillent bien. » Un travail au long cours, de janvier à novembre. « En décembre, je leur donne du sucre et je ne les dérange pas ». Le reste du temps, Denis Loisel est aux petits soins.

Car ce ne sont pas n’importe quelles abeilles : des Buckfast. Une race douce (à l’inverse des abeilles noires locales qui sont peu avenantes, voire méchantes) issue d’un croisement génétique de plusieurs souches par le frère Adam Karl Kehrle, (1898-1996), moine bénédictin responsable de la miellerie de l’abbaye de Buckfast. D’où leur nom.

« Si une reine est défectueuse, je la remplace en mettant une larve de moins de trois jours dans une division de ruche importante. Un mois plus tard, je regarde si c’est une jeune reine qui est en ponte… Je peux aussi acheter une « féconde » pour que la colonie remonte en puissance. » Tout un art, l’apiculture. « L’œil de l’apiculteur est de voir le flux qui sort et rentre. Il faut ouvrir la ruche, faire un diagnostic, déterminer si on peut lancer un élevage, etc. »

Reines de l’organisation

« Pas folle la guêpe », déclamait Arletty en 1939 dans Circonstances atténuantes. Mais les abeilles non plus ! L’hiver, leur organisation est rodée comme du papier à musique. « Elles hivernent en se resserrant en grappes autour de la reine et passent, tour à tour, de l’intérieur à la périphérie, explique l’apiculteur. Elles bougent en permanence pour se réchauffer et se nourrissent du miel qu’elles ont stocké. A partir de 14 degrés , elles sortent à tour de rôle, une heure, pour faire leurs besoins ou ramener du pollen (des protéines) ou du nectar (de l’énergie) nécessaires pour grossir et produire de l’excédent de miel. »

Denis Loisel surveille également l’essaimage car « si elles sont trop populeuses et à l’étroit dans la ruche, les abeilles le sentent. Elles décident alors d’élever une nouvelle reine et la vieille s’en va vers un autre essaim ». Sans pitié ces pollinisatrices ! Et c’est uniquement lorsque tous les paramètres seront réunis qu’elles pourront alimenter la hausse (la partie haute de la ruche qui sert à stocker le miel). Le printemps venu, elles vont aller butiner, sur les marronniers d’abord, et ensuite, en fonction de la floraison, sur d’autres legs alléchants de Dame nature.

Il n’empêche que sans ces abeilles, la biodiversité prendrait un sacré coup dans l’aile. C’est tout l’intérêt de ces ruches implantées à la MAM : expliquer au public l’intérêt et l’enjeu de la préservation de l’espèce. « Depuis que nous les avons installées, elles attirent les scolaires de toute la ville ! », confirme l’apiculteur. Ou comment allier une sortie hors des sentiers battus à un volet pédagogique voué à protéger nos meilleures ouvrières de France…

Alors encore un peu de patience, le miel made in Agglo va bien finir par arriver !

L’info en +

Denis Loisel participera aux APIdays (le grand rendez-vous national en faveur des abeilles et des pollinisateurs sauvages), le 15 juin prochain à la médiathèque André-Malraux. Le programme de l’évèvement organisé dans le cadre du printemps des partenaires, c’est par ici !
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