Des orthophonistes s’engagent dans la lutte contre l’illettrisme

Des orthophonistes s’engagent dans la lutte contre l’illettrisme

Afin de sensibiliser les nouveaux parents à l’importance du langage et de la lecture, des orthophonistes membres de l’Apoh leur offrent des livres à la maternité de Béziers et la clinique Champeau.

« Naître, c’est entrer dans le langage », a-t-on coutume de dire… Et pour y entrer de la meilleure façon, l’association Apoh (Association de prévention en orthophonie de l’Hérault) a décidé – dans le cadre des journées de prévention de lutte contre illettrisme – de relayer sur notre territoire l’opération nationale « 1Bébé, 1Livre ».

Le principe ? Depuis le 21 novembre, plusieurs orthophonistes se rendent en binôme à la maternité de l’hôpital de Béziers ainsi qu’à la clinique Champeau afin d’offrir aux parents un livre (qu’ils peuvent choisir parmi plusieurs) et un livret pédagogique « Objectif langage ».

« Notre mission est de sensibiliser les nouveaux parents à l’intérêt de la lecture dès le plus jeune âge afin de favoriser la communication et un bon développement du langage, relate Andréa Bardaji, l’une des orthophonistes. Nous pouvons aussi aborder avec eux le thème de la surexposition aux écrans, le bilinguisme ou échanger librement selon leurs questionnements. »

L’objectif cette année est « d’aller à la rencontre de 400 familles afin de couvrir l’ensemble du département ». Concernant le Biterrois, les prochaines dates sont prévues le 29 novembre puis les 5 et 13 décembre. « La démarche a d’ores et déjà reçu un accueil très positif auprès des familles ! », se réjouit Andréa Bardaji.

Une prévention en amont des troubles du langage

Depuis plus de 30 ans, les orthophonistes démontrent en effet qu’acquérir et maîtriser le langage écrit (lecture, écriture) passe par un bon niveau de langage oral et une aisance à s’exprimer : « le bien lire » passe par « le bien parler ».

Or, plus de trois millions de personnes de 18 à 65 ans sont en situation d’illettrisme. 59% d’entre elles sont des hommes, et plus de la moitié a plus de 45 ans.

Selon l’Apoh, si la lutte contre l’illettrisme passe par «  des mesures d’aides directes aux personnes illettrées », elle ne peut « se concevoir sans une prévention largement en amont », c’est-à-dire par un « dépistage des troubles du langage oral et écrit et leur prise en charge adaptée le plus précocement possible », à savoir dans la petite enfance.

Les orthophonistes savent que les troubles d’acquisition du langage oral et/ou écrit, sans prise en charge par des professionnels dont c’est la mission, et qui travaillent en équipe, conduisent « ceux qui en souffrent à l’échec scolaire, à l’exclusion du système scolaire ordinaire, à l’échec culturel et social ». Une de leurs missions de prévention consiste ainsi à promouvoir le développement harmonieux du langage auprès des parents, dès le plus jeune âge des enfants.

L’action proposée au plan national a donc pour but de sensibiliser les parents sur la place précieuse qu’ils ont auprès de leur enfant pour l’accompagner dans le développement de son langage. Cette action – labellisée par l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme – se poursuit, cette année, auprès des personnels de la petite-enfance, au sein des crèches, halte-garderies, auprès des assistant(e)s maternel(le)s, dans les hôpitaux, etc.
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