Elisabeth Daynès une véritable paléo-artiste

Elisabeth Daynès une véritable paléo-artiste

Élisabeth Daynès, née en 1960 à Béziers, est une sculptrice et plasticienne française.

Elle est spécialiste de la reconstitution de personnages anthropomorphiques et a fourni des mannequins et figures pour de nombreux musées du monde, notamment d’histoire naturelle, avec en particulier des hominidés préhistoriques souvent réalisés en silicone par dermoplastie, ce qui lui vaut le titre de « paléoartiste » ou « paléoplasticienne ».

Après des cours de dessin et de peinture dans un atelier dès l’âge de 7 ans, elle intègre la troupe de la Salamandre au théâtre du Nord. Là, elle y crée des maquillages et des masques nécessaires aux pièces qui y sont jouées. Après être passée aux effets spéciaux et avoir appris à maîtriser la résine, le silicone, les colorants et la faïence, elle s’installe à 24 ans dans son propre atelier parisien en 1984. Sa spécialisation dans les reconstitutions d’hominidés et d’hommes préhistoriques débute en 1988 avec la commande d’un mammouth et de Magdaléniens par le musée du Thot à Montignac, près de la grotte de Lascaux.

Elle apprend au début des années 90 à décrypter les origines de l’homme au contact de spécialistes. Sa notoriété devient nationale avec l’ouverture en 1991 du musée de Tautavel qui présente quelques-unes de ses réalisations et lui ouvre une carrière dédiée à la reconstruction des fossiles les plus célèbres du monde. En 1996 et 1997, elle se perfectionne en anatomie avec la collaboration de Jean-Noël Vignal, anthropologue médico-légal à l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, et marque une étape décisive dans sa carrière de sculpteur en Préhistoire. Il lui apporte la technologie, elle se perfectionne en anatomie.

À partir de 1997, sa renommée est internationale avec l’exposition de ses œuvres dans plusieurs musées du monde comme une première Lucy à Mexico et une seconde à New York, le couple de Dmanissi en Géorgie, un « penseur » inspiré de celui de Rodin mais vieux de 200 000 ans en Allemagne, Le magazine Géo la mettra en avant et elle sera consacrée dans la foulée meilleure artiste européenne dans sa spécialité.

Sa renommée et son talent obtiennent leur consécration en 2006 avec son buste de Toutânkhamon en couverture du National Geographic dans ses 25 éditions. L’exposition le présentant, entre-autres pièces, à Los Angeles et Chicago et attire de très nombreux visiteurs. Elle contribue aussi à une exposition au Musée de l’Homme à Paris en 2018-2019 avec la reconstitution, dans une «salle des préjugés», d’une adolescente du Neandertal, de 13 ans, 1,60 m, la tête ronde, le front pas très haut, certes, mais une adolescente habillée par Agnès B. : « On ne serait pas choqué de la croiser dans le métro. Elle est un peu petite, c’est vrai, mais à part ça, pas grand-chose pour nous différencier », commente la préhistorienne Marylène Patou-Mathis.

L’exposition annuelle 2012 du musée départemental de Préhistoire d’Île-de-France de Nemours, intitulée « L’identité retrouvée, les reconstructions anatomiques d’Élisabeth Daynès », est une rétrospective de ses travaux.