Exposition « Singulier(s), Pluriel(s) » au lycée Marc Bloch de Sérignan

Exposition « Singulier(s), Pluriel(s) » au lycée Marc Bloch de Sérignan

À l’occasion du vernissage de l’exposition Singulier(s) Pluriel(s), L’Annexe du Mrac (sise au lycée Marc Bloch de Sérignan) ouvre ses portes au public le jeudi 30 janvier dès 18h pour présenter des œuvres issues de la collection du Musée régional d’art contemporain Occitanie et du Cnap (Centre national des arts plastiques, Paris).

Cette exposition s’inscrit dans le cadre du partenariat entre le lycée et le Mrac, qui a notamment permis ces dernières années de mettre en place des expositions réalisées par des élèves du lycée dans le cadre de leurs TPE. Cette année, suite à la réforme du lycée et à la disparition des TPE, les enseignants d’Histoire des arts et l’équipe du Mrac ont mené une réflexion commune dont l’aboutissement est cette exposition qui aborde un thème du nouveau programme d’Histoire des arts, celui de l’unique et du multiple dans la création artistique.

À l’heure de la démultiplication des images de toutes natures et sur tous types de supports dans nos environnements quotidiens, l’exposition propose de s’interroger sur le statut de l’image. Elle aborde aussi la question de l’image comme motif et la relation qu’entretiennent deux générations d’artistes aux images. Cette problématique déjà ancienne, posée par Dada dans les années 20, puis renouvelée et ampli•ée par le pop art dans les années 60, est plus que jamais d’actualité et se retrouve au cœur de la création contemporaine. Comment distinguer l’œuvre d’art de la masse des images et des visuels qui envahissent l’espace ? Comment se singularise le regard de l’artiste vis à vis des médias et de la communication de masse ? Comment les artistes renouvellent-ils leurs pratiques, leurs gestes pour interroger le spectateur et prendre le recul ? Que reste-t-il de l’aura de l’œuvre d’art à l’ère du copié-collé?

L’ultima visita di Mao a Venezia. Photo JC Lett

Dans la lignée du pop art, les artistes de la Figuration narrative ne cessent d’interroger la société de consommation, notamment en recyclant des images des mass media ou dupliquant des motifs pour en faire une œuvre unique, comme le fait Gérard Fromanger Communiqué dans sa toile Corps à corps, ou encore Erró qui s’approprie les affiches de propagande chinoise en créant une collection de sérigraphies inventant la venue de Mao à Venise. Ainsi l’image de masse acquiert un nouveau statut, celui d’œuvre d’art. Dans Monte Oliveto, Raphaël Zarka, artiste d’une quarantaine d’années, emprunte des formes dans l’Histoire de l’art. Sa série donne à voir des répétitions de motifs, entre pop’art et art minimal, provenant de détails de fresques de la Renaissance italienne. Avec une technique de marqueterie de papiers encrés, l’artiste produit une œuvre proche du décoratif qui interroge la porosité entre figuration et abstraction.

Chez David Bioulès, c’est un objet plus prosaïque et quotidien qui est décontextualisé. Cet objet, une chaise presque devenue invisible dans notre environnement quotidien tant elle semble n’exister que pour son caractère fonctionnel. Une chaise qu’on empile volontiers pour des questions purement pratiques, devient le motif unique et isolé d’un tableau, et change donc de dimension(s). Les deux peintures nous obligent à observer avec précision la forme de l’objet devenu motif pour l’extraire de son arrièreplan, renforçant l’attention portée à cette chaise pourtant apparemment si dénuée d’originalité. Le banal devient singulier.

À l’image de Raphaël Zarka, de nombreux artistes contemporains inventent de nouvelles formes visuelles, inclassables et hybrides, interrogeant les codes de la reproduction/ représentation d’images. Leurs créations peuvent aussi bien être produites par des outils modernes, comme l’imprimante 3D de Berdaguer et Péjus qui fait émerger une architecture fragile, véritable « archi-sculpture » se matérialisant à partir de dessins d’enfants. Par la photographie, Claire Tenu interroge elle aussi la question du rapport entre réel et perception dans son œuvre Gruchy : une série de photographies d’un même paysage dans lequel un corps semble se lover progressivement, avec d’infimes variations et décalages, suggérant une narration empruntant au langage cinématographique du storyboard. Quelle relation unit ce corps et ce paysage ? Ces formes relèvent-elles de la réalité ou d’un paysage mental, onirique ? C’est par la pluralité des images que l’œuvre devient complexe et mystérieuse : le choix du multiple renvoie finalement à l’intime.

Monte oliveto. Photo Galerie M Rein

Enfin, la question du statut de l’image et de l’œuvre est au cœur des questionnements artistiques. Dado et James Turrell, chacun à leur manière, emploient le medium traditionnel qu’est la gravure pour recycler ou détourner des images émanant d’autres supports : l’imagerie spatiale pour Turrell, l’illustration des Plus belles phrases de la langue française pour Dado. Reproduites, détournées, les images qui déferlent sur nos écrans et dans nos quotidiens ne finiront-elles pas par se consumer et s’effacer de nos mémoires comme le suggère la vidéo de documentation céline duval Les Allumeuses ?

Cette exposition présentée dans l’enceinte du lycée permettra aux élèves une confrontation directe avec les œuvres, et son ouverture au grand public via des visites guidées gratuites, proposées sur rendez-vous, offrira à tous la possibilité de mieux appréhender l’art contemporain.

Informations et réservations de visites : 04.67.17.88.95

Du 30 janvier au 29 mai 2020
Vernissage le jeudi 30 janvier 2020 à 18 h
à L’Annexe du Mrac au Lycée Marc Bloch de Sérignan
Artistes présentés : Berdaguer et Péjus, David Bioulès, Dado, documentation céline duval, Erró, Gérard Fromanger, Claire Tenu, James Turrell, Raphaël Zarka.
Commissariat : Thomas André & Alexandre Gilibert
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