Jean-Antoine Injalbert gravé dans le marbre

Jean-Antoine Injalbert gravé dans le marbre

Jean-Antonin Injalbert est né à Béziers le 23 février 1845. Sa mère meurt en couches. Son père, tailleur de pierres, se remarie dix ans après et emmène son fils sur les chantiers. En 1861, un ornemaniste pour qui il est tâcheron, Paul Théodore, lui fait suivre ses premiers cours de dessin.

Il réussit l’entrée à l’école des Beaux-Arts et la ville de Béziers lui alloue en 1867 une pension qui est complétée plus tard par le Conseil Général de l’Hérault. Jamais Injalbert n’oubliera le soutien de sa ville. L’art néo-baroque de cet élève d’Auguste Dumont est marqué par l’influence de Puget et de Carpeaux et par le naturalisme de Jules Dalou. Sa première œuvre est le tympan de la chapelle du Bon-Pasteur à Béziers. En 1874, il reçoit le Grand Prix de Rome pour « La douleur d’Orphée ». Il réalise alors de nombreux bustes, ainsi que « Le Génie dominant le monde » et « L’Amour préside à l’hymen ». Il exposera Le Christ à l’Exposition Universelle de 1878 à Paris et obtiendra le grand prix à l’Exposition universelle de 1889. Son Buste de Marianne, réalisé à l’occasion du Centenaire de la Révolution française la même année, est un des plus répandus dans les mairies et les écoles françaises à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

En 1880, il revient définitivement à Paris et les commandes affluent : deux groupes pour le Peyrou de Montpellier, Pierre Lescot, Germain Pilon pour l’Hôtel de ville de Paris, les statues des trois fleuves de l’Hérault, l’enfant au mascaron Gavarni, entre autres, et « La Fontaine du Titan » qui lui demandera 15 ans de travail. La notoriété est alors internationale, il côtoie Rodin et participe à des expositions : Munch, Rio de Janeiro, l’Italie. Il devient membre de L’Académie des Beaux-Arts. L’enseignement qu’il y prodigue de 1891 à 1929, est lié au groupe des Toulousains, par lequel le sculpteur Antoine Bourdelle fut profondément marqué. Nommé commandeur de la Légion d’Honneur, Injalbert partage son temps entre son atelier parisien et la Villa Antonine à Béziers où il vient passer l’été, invitant Camille Saint-Saëns, son ami, et aussi Bonnat, Laloux, Joffre.

Injalbert meurt le 20 janvier 1933. En 1935, la Villa Antonine, où il avait son atelier, est léguée à la ville de Béziers par sa veuve Louise Pin, épousée en 1907. Un grand nombre de ses œuvres s’y trouvent, ainsi qu’au musée des beaux-arts de Béziers. Jean-Antoine Injalbert est inhumé au cimetière vieux de Béziers. Injalbert est un sculpteur exceptionnel, reconnu et glorifié de son vivant mais qui ne connaît hélas pas ou pas suffisamment la gloire posthume qu’il mérite. Qui se souvient en effet à part quelques passionnés, à Montpellier ou à Béziers de ce sculpteur de génie ? Sa sculpture monumentale, ses bustes, ses compositions révèlent un talent incomparable donnant la sensation du mouvement, de la forme. Elles sont à la fois pleines de sensibilité, de sensualité, de vie et aussi d’humour.