Jean Gau, l’enfant de Sérignan

Jean Gau, l’enfant de Sérignan

Jean Gau est un navigateur français, né le 17 février 1902 à Sérignan (Hérault) et décédé le 14 février 1979 à Pézenas (Hérault).

À 25 ans, ce fils de vigneron ayant eu quelques démêlés avec la justice quitte tout pour New York, où il prendra la nationalité américaine et deviendra cuisinier dans de grands restaurants. En 1931, au bout de deux années d’économies, il achète une goélette de 12 mètres : l’Onda II, avec laquelle il attendra quatre ans avant de naviguer au long cours, pour finalement s’échouer en Espagne, à l’entrée de Cadix, après sa première traversée de l’Atlantique en 1937.

En 1945, il rachète un Tahiti Ketch de 11 mètres qu’il baptise Atom, avec lequel ses voyages ne seront pas des croisières tranquilles et où il sera confronté à toutes sortes d’incidents, parfois sérieux.

Lui, qui au départ ne connaissait rien à la navigation, devient au fur et à mesure un spécialiste, Neuvième navigateur solitaire depuis Joshua Slocum, ce qui ne l’empêche pas pendant son 1er tour du monde (1953-1957), après 1.300 jours de mer, 23 escales, de manquer de se fracasser sur une île, d’être emporté par une déferlante et de flirter avec les récifs de Warriors. Lors de son 2e tour du monde (1962-1968), il dérive durant 3 jours dans le Pacifique, chavire près du cap de Bonne-Espérance et s’échoue finalement sur les rochers de Warriors. Quand, en 1973, une énième tempête le fera couler devant Bizerte, Jean Gau, sera sauvé par un berger qui le ramènera sur son âne, épuisé, vers le premier lieu habité.

Modeste, il n’a jamais fait la Une des médias. Il disait «Être seul en mer pendant des semaines, des mois, ne me dérange nullement.. Loin des contraintes de la civilisation, je me sens un autre homme. D’ailleurs, je ne suis pas seul, à vrai dire et considère mon navire comme un être vivant, intelligent et sensible. Cet assemblage de bois, de fer et de toile devient une chose vivante sous l’action du vent. Je l’aime comme un bon serviteur, comme un cavalier aime son cheval, en un mot, comme un ami.». Au cours de ses escales, il rencontrera entre autres Moitessier, Errol Flynn et Winston Churchill. Au total il aura traversé dix fois l’Atlantique.

“Je veux chanter Jean Gau, célèbre phénomène / Enfant de Sérignan, dans l’onde son domaine / Affrontant la tempête à la terrible voix / Narguant les océans dans sa coque de noix / Gau, si petit et si grand entre le ciel et l’eau / Audacieux, tout seul, dans son frêle bateau / Unique dans le monde et géant sur les flots”. Ces vers de mirliton qui reprennent les lettres du nom de Jean Gau, disent très bien le respect que lui doivent les marins.