La Greta Thunberg de l’Agglo…

La Greta Thunberg de l’Agglo…

Lauren Broersen, une jeune femme engagée pour un développement harmonieux du tourisme.
Lauren Broersen est, depuis septembre dernier, la première animatrice écologique de France à l’Office de tourisme, et elle travaille dans notre Agglo !

Elle n’a peut-être pas l’aura médiatique de la militante suédoise qui lutte contre le changement climatique mais ce ne sont ni les idées, ni les compétences, ni l’envie de faire bouger les lignes qui lui manquent… A tout juste 21 ans, Lauren Broersen marque déjà son passage dans l’histoire puisqu’elle est, depuis septembre dernier, la première animatrice écologique de France à l’Office de tourisme de l’Agglo !

« J’ai travaillé trois saisons à Valras en tant que conseillère séjour. Gilles Panné, le directeur de l’Office de tourisme, avait dans l’idée de créer ce poste pour insuffler une démarche comparable à celle des animateurs numériques ». Il a pensé à elle. « J’ai beaucoup de chance, lance Lauren derrière un délicieux accent néerlandais. C’est exactement le métier que j’imaginais dans ma tête mais il n’existait pas. Il m’a fait confiance. Je suis fière, surtout à mon âge, d’être précurseur dans ce domaine ». Lauren travaille une semaine sur deux à Béziers. L’autre, elle l’a passe au centre universitaire de Foix.

« L’objectif de mes missions : que le tourisme soit mieux intégré au territoire, qu’il engendre moins de nuisances pour la population. Il faut veiller à ce que son développement ait le moins d’impact en matière de consommations d’énergie, d’eau ou de production de déchets, explique-t-elle. Toutes ces problématiques transversales doivent être prises sous des prismes sociaux, économiques et écologiques ».

Une nécessaire « prise de conscience collective »

En interne, elle travaille d’ores et déjà sur les pratiques de l’OT. Gestion des brochures, éco-gestes, vélo électrique pour distribuer les plaquettes d’information, etc. En externe, elle se charge d’élaborer un diagnostic des pratiques en cours ou à mettre en place sur le territoire. Elle rencontre les services référents et les professionnels, consulte et travaille avec des associations « qui sont plein de connaissances et font de la sensibilisation » pour protéger l’environnement.

« Il y a beaucoup de travail, je pense qu’il faut une prise de conscience collective de l’ensemble des acteurs. Les professionnels ont besoin de plus d’outils, de soutien et de temps. Ce métier va pouvoir les aider à avancer. Si tout le monde change un peu, au final, ce sera un grand changement. »

Née à Béziers d’une mère française et d’un père néerlandais, la jeune femme a, il va sans dire, la fibre écologique. En témoigne le cursus actuellement à son actif : BTS Tourisme, licence pro en géopolitique, tourisme et innovation durable. Diplômes auxquels il faut ajouter un Master 1 en technologie de l’information et de la communication appliquée au développement des territoires touristiques. Sacrée carte de visite en attendant la seconde année de master.

« Le tourisme a tellement d’impacts positifs »

« J’ai toujours voulu faire ça. En voyageant, je me suis rendu compte que c’était impossible de continuer à tendre vers ce tourisme de masse à l’image des croisières Costa. » Face à la tourismophobie qui sévit à Barcelone, Venise ou Dubrovnik où l’on scande maintenant « Tourists go home », la Franco-Néerlandaise veut développer un message positif car « le tourisme a tellement d’impacts positifs ! », dit-elle. Et elle sait de quoi elle parle (en plus du néerlandais, de l’anglais et de l’espagnol) puisque, après son Erasmus en 2017 en Hongrie, à la « Budapest business school », elle s’est offert un road-trip entre copines à travers toute l’Europe : République tchèque, Autriche, Slovénie, Slovaquie, Croatie, Italie, Chypre, Pays-Bas et Royaume-Uni ! « On partait avec un paquet de pâtes dans le dos », et vogue la galère… Elle retourne également souvent aux Pays-Bas pour voir sa famille. Elle sait donc exactement ce qui fonctionne et ce qu’il faut bannir…

Son prochain voyage ? « Je n’ai plus trop le temps entre les études et le travail, mais ce sera sûrement Berlin. » Du temps, justement, il lui en faudrait davantage car Lauren participe également aux ramassages éco-citoyens de déchets, fait du volley et de la natation « pour évacuer ». A ce niveau-là, à l’Office de tourisme, elle peut compter sur ses collègues. « Ils sont motivés, disponibles. C’est un plaisir de voir des personnes engagées à ce point. » L’Office de tourisme communautaire a d’ailleurs l’ambition de pousser sa fédération nationale, très volontariste sur le sujet, à créer 300 postes d’animateurs écologiques qualifiés dans toute la France et dans les trois ans à venir.

Pour un développement harmonieux du territoire

L’engagement, elle le mettra aussi dans son cursus scolaire puisqu’elle souhaiterait, pour son mémoire, plancher sur « les nouvelles technologies au service du développement durable ». Explications raccourcies : « Avec la gestion des données, on peut faire du prédictif ou de l’analyse. J’aimerais trouver un logiciel qui serait capable de calculer la performance touristique d’un territoire afin de connaître le seuil à partir duquel il est viable ou crée des problèmes socio-économiques et écologiques. »

Des compétences, des idées, des envies. 21 ans. Biterroise. Greta Thunberg n’a qu’à bien se tenir… Car Lauren est catégorique : « Je vais tout faire pour honorer mes missions et aider au développement harmonieux et durable du tourisme sur ce territoire que j’aime. »
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