Le grand Vinir : it’s so good !

Le grand Vinir : it’s so good !

Agglo Béziers Méditerranée Vinir rap artiste militant

Accompagné de son manager Morgan Riviera, le jeune rappeur Biterrois Vinir s’est livré sur sa passion devenue un métier à part entière, mais aussi sur le territoire de l’Agglo, plus précisément la municipalité de Béziers.

Bonjour Vinir, en quelques mots, qui êtes-vous ?

Je suis né à Béziers, comme mes parents. Je fais de la musique, en tant qu’auteur-interprète depuis plus de 10 ans avec mon association BZI. J’ai commencé à écrire vers mes 14 ans. J’organise des ateliers d’écritures, à la MJC de Béziers et à la médiathèque André-Malraux, et aussi un concert en prison au centre pénitentiaire de Béziers. Je viens de sortir un album EP de sept titres intitulé « Uni ver ».

Il est disponible sur toutes les plateformes musicales (Apple Music, Deezer, Spotify…)

Pourquoi avoir choisi le rap ?

C’est à la fois naturel et familial de rapper pour moi. Quand j’étais enfant, mon grand père me faisait écouter de grands artistes français. J’ai été bercé par Georges Brassens et Serge Gainsbourg par la suite. Ces personnalités définissent mon rap, à travers leurs plumes, comme un arbre avec plusieurs branches, ma musique c’est ça. Ces artistes étaient poétiques mais aussi dans la provocation, chacun à leurs époques.

Quelles sont vos autres influences musicales ?

Dans le milieu du rap français, NTM, I AM, Assassin, Mafia K’1 Fry, et dans le rap US j’aime beaucoup Warren G, Dr. Dre, 2Pac, Nas. Je suis classique, mais j’écoute quand même ce qu’il sort en 2019, je suis très éclectique, j’aime beaucoup le reggae et aussi les musiques traditionnelles africaines ou même corses.

Quels sont les projets à venir ?

Un clip est sorti, à découvrir sur youtube. Il s’agit du titre « Culture » dans lequel j’explique mon parcours. Le hip hop m’a formé à la culture, c’est un genre musical qui prend de partout : du jazz, de la funk, etc. Grâce au hip-hop j’ai l’esprit bien plus ouvert. Le clip a été réalisé en partie dans le quartier de l’Iranget à Béziers, où mon père y est né, où j’ai grandi, et au port de Colombiers car c’est une ville où j’ai également vécu avec ma famille. Un deuxième clip sera disponible courant août. Et je vous invite déjà à un grand concert à la médiathèque André-Malraux de l’Agglo le samedi 14 mars 2020 à 16h.

Un jour avant le premier tour des élections municipales, curieux, non ?

Ce n’était prévu, je ne savais pas quand les dates des élections allaient tomber avant de décider et organiser cet événement. J’ai déjà arpenté la plupart des scènes de Béziers, les tremplins de la fête de la musique, le théâtre des franciscains, Zinga Zanga, le Minotaure… Il y avait de nombreuses scènes pour se produire dix ans auparavant. Aujourd’hui à part Sortie Ouest, il est difficile de trouver des lieux disponibles…

Quels messages souhaitez-vous véhiculer ?

Globalement le message est positif, l’accent est mis sur la prise de conscience, pour que les personnes qui écoutent mes textes puissent se rappeler les valeurs essentielles que je défends. Exemple : le vivre ensemble et en paix, le fait d’être unis contre les maux de notre société, la pauvreté, l’ignorance, l’injustice. Nous avons besoin de nous assoir ensemble, de se rencontrer et être positifs.

Est-ce que le rap et la politique ont un objectif commun ?

La politique c’est l’art de faire cohabiter les gens, la musique et le rap notamment il a un double objectif : d’avertir en faisant passer un message et celui de divertir. En France, beaucoup de rappeurs optent pour le second choix. Je n’ai pas oublié le côté politique, mais il ne faut pas que l’artiste soit instrumentalisé. Je suis militant sur le terrain, je soutiens l’association Culture Solidaires qui distribue des repas aux démunis. Il y a un proverbe que j’aime particulièrement et qui résume bien ce que je pense : « si tu ne t’occupes pas de la politique, la politique, elle, s’occupera de toi ». Les bonnes actions sont les bienvenues, j’apprécie le travail réalisé par l’Agglo, autant au niveau culturel avec l’accès à la lecture avec les médiathèques du territoire, les équipements sportifs, et les nombreuses actions auprès des associations dans les quartiers prioritaires…

Le jeune artiste commercialise des t-shirts à l’effigie de son dernier EP, il collabore avec les entreprises locales pour la fabrication de ces objets.

Vous semblez attaché à votre ville, n’est-ce pas ?

Tout à fait, le but de mon engagement c’est aussi de redynamiser Béziers avec nos moyens. Un autre Béziers existe, il a du potentiel il ne faut pas l’abandonner. Je me refuse de laisser tomber Béziers, j’aime ma ville et le territoire qui l’entoure. Je vais continuer de porter des messages dans les quartiers : « si vous aimez la ville, allez voter ! ». Un artiste hip-hop comme je suis doit être un peu la voix de ceux que l’on n’entend pas. C’est ce que je m’efforce de faire modestement. Je me refuse à écouter ceux qui me disent de laisser tomber Béziers.

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