Le ripeur qui règne sur le ring

Le ripeur qui règne sur le ring

Bastien Ballesta jongle 6 jours sur sept entre la collecte des OM et les entraînements de boxe. Sportif de haut niveau, il peut toujours compter sur l’équipe de l’Agglo pour le soutenir.

Le poing levé. Le jeu de mot est facile et pourtant, on peut dire qu’il faut une sacrée dose de courage, d’ambition et de motivation pour mener la vie de Bastien Ballesta. A Béziers, son nom ne passe pas inaperçu. Fils de Patrick – qui l’entraîne désormais – c’est maintenant lui, le boss, entre les cordes, dès qu’il quitte le service des OM.

« Je rêve boxe, je me lève boxe, je respire boxe, je vis boxe », lâche le jeune homme de 21 ans qui a d’ailleurs appris à marcher… dans une salle de boxe. Au terme de seulement six combats « pro », Bastien est l’un des plus jeunes de sa catégorie (super léger, c’est-à-dire 63,501 kg pour être précis !) à être arrivé à un tel niveau : l’un des meilleurs boxeurs de France.

« Je suis investi dans ma passion. Mon objectif est de gagner des titres, le championnat de France est dans un an et demi. » Compte tenu de ses « antécédents » avec un père et un grand-père boxeurs tous deux, on aurait pu penser qu’il était prédestiné… Et pourtant, il a commencé par le foot et le rugby avant de vite comprendre qu’il n’était pas fait pour les sports collectifs.

« Lorsque j’ai voulu faire mon premier combat à 15 ans, mon père ne m’a pas du tout suivi. Il connaissait la dureté de ce sport et pensait que j’arrêterais peut-être après avoir reçu trois coups. Ma grand-mère me disait « Tu es mignon, mais tu n’es pas fait pour ça ! ». A 17 ans, j’étais en équipe de France et je faisais des stages à l’Insep de Paris. Maintenant, je porte le flambeau de la famille, c’est une grande responsabilité. »

« Aux OM, tout le monde me soutient. Ça crée une dynamique »


Bastien travaille dur pour être champion. « J’ai derrière moi une petite équipe : un promoteur qui me trouve des combats (diffusés sur une chaîne du satellite) partout en France et gère ma carrière, quelques partenaires, un magnétiseur qui me soigne. Mais je suis payé au combat… » Ce qui ne lui permet pas pour l’heure d’en vivre. Très tôt, son Bac pro en poche, Bastien a eu la vocation de travailler dans le social, d’aider les jeunes. Rapidement, il décroche un diplôme de moniteur éducateur et trouve un emploi en alternance à la maison de l’enfance de Béziers. A 20 ans, il passe boxeur professionnel et n’arrive plus à concilier travail et passion. « J’ai dû démissionner de la Maison de l’enfance. La décision a été dure à prendre mais je partais pour un idéal. »

Mais Bastien en avait encore sous le gant puisqu’il faisait également les saisons en tant que ripeur à l’Agglo. Et depuis août dernier, chaque matin, six jours sur sept, il travaille à la collecte des ordures ménagères tout en continuant les entraînements. Comme un rituel. « Je me lève à 5h20, commence la tournée à 6h, finis à 11h. Là mon père m’attend pour un premier entraînement en salle de musculation. » Après une sieste, retour en salle de 17h à 20h avant une courte nuit de sommeil. « Ce job à l’Agglo est vraiment idéal car les horaires sont adaptés à ma passion. Mon contrat est régulièrement renouvelé mais l’idéal serait que je sois stagiérisé un jour pour être plus serein… », glisse Bastien. Car son travail lui plaît. L’équipe surtout. « Tout le monde me connaît et on s’entend très bien. Ils me soutiennent, me suivent sur les réseaux sociaux. Ils s’impliquent beaucoup dans ma vie sportive. Ça créé une dynamique et cela m’encourage, c’est très plaisant. »

Sa priorité reste la boxe, « et je vais tout mettre en œuvre pour y arriver », dit-il. Avant de conclure : « L’Agglo et les collègues sont un vrai soutien. Je les remercie de tout ce qu’ils font pour moi. » Bastien KO ? N’y comptez pas ! Raccrocher les gants ne fait pas partie de son vocabulaire, qu’il soit derrière le camion ou sur le ring.