Mathilde Boulachin, l’experte de l’export !

Mathilde Boulachin, l’experte de l’export !

Affichant son large et beau sourire, Mathilde Boulachin s’est prêtée au jeu des questions réponses afin de dresser son portrait et revenir sur son parcours.

Depuis 2010, l’année de la création de sa société de négociation en vin « Domaines Pierre Chavin » avec son associé Fabien Gross, les récompenses pleuvent et le chiffre d’affaire est au beau fixe, avec plus de 13 millions d’euros en 2018 dont 80% à l’international.

Mathilde Boulachin a plus d’une corde à son arc, directrice générale des Domaines Pierre Chavin, elle est également chargée du marketing et de la communication. Elle ne refuse aucun déplacement à l’étranger, elle adore voyager et parle le français, le suédois, l’anglais, l’espagnol et un peu d’italien. « Avant de venir à Béziers, j’étais responsable de la communication d’un grand groupe médical suédois », explique t-elle. De la Scandinavie, elle garde de bons souvenirs et une expérience du monde du travail totalement différente du système français.

Mais Mathilde Boulachin, pur produit made in France, de la région champenoise pour être plus précis, est revenue en France pour lancer sa société. Elle se revendique « Biterroise par conviction ». Mère de deux filles nées ici à Béziers elle est fière qu’elles parlent avec l’accent chantant du Sud. Béziers est sa terre d’adoption, l’entreprise est d’ailleurs à 100 % localisée à Beziers, «c’était une implantation logique, dans l’un des plus gros vignoble européen sur le plan productif avec une mosaïque de terroir, une qualité de vie et de possibilité d’achat dans le foncier».

Le nom de la marque « Domaines Pierre Chavin » n’est autre qu’une consonance liés aux grands noms du savoir faire français que sont Pierre Cardin ou Chanel. «Pierre Chavin est un néologisme mais je revendique à l’étranger ce mélange french tech/french touch et de couture. En tant que champenoise, j’ai toujours bercé dans les bulles, mes parents sont viticulteurs j’ai un affect très particulier pour le vin, je suis d’un caractère assez « nature peinture », j’aime les bonnes choses, le terroir, les produits d’ici, le vin… », ajoute-t-elle.« En tant que femme française, vous êtes vite étiquetés soit dans la mode soit le vin. J’ai décidé d’en faire les deux».

Pour se défouler,c’est fitness, course à pied, randonnée, cross-fit, VTT. « Je prends toujours mes baskets quand je pars en déplacement. De plus, je me lève très tôt le matin, à 5h, j’aime voir le soleil se lever sur la ville ». Mathilde Boulachin a une routine matinale pour conjuguer vie de famille et carrière professionnelle. Si l’occasion de déguster un verre de vin avec elle se présente, sachez que le choix de la bouteille sera déterminé « en fonction des circonstances et du partage. Boire du vin, c’est un instant de consommation, un moment, c’est être carpe diem, c’est une philosophie de vie et un respect des traditions et aussi sur le territoire c’est une économie importante avec l’implication de nombreux acteurs», explique-t-elle.

Le succès des Domaines Pierre Chavin

Frédéric Lacas et Mathilde Boulachin lors de la cérémonie des Masters de la Lettre M à Montpellier en septembre 2018

Les Domaines Pierre Chavin sont experts dans l’export (80% de leur activité), en grande partie en Scandinavie, mais aussi en Asie (Japon, Chine) et le continent Nord américain., laissant peu de place à la concurrence. «Pas d’inquiétude, nous sommes hyper spécifiques dans notre coeur de métier, l’industrie du vin est très pléthorique en terme d’acteurs, mais l’offre est très différente, et elle répond à des demandes différentes», précise Mathilde Boulachin. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, cette année, sa société qui compte une vingtaine de collaborateurs affiche un chiffre d’affaire de 13,5 millions d’euros.

Une réussite liée également à la gamme variée de vins et mousseux proposée dont une sélection « sans alcool ».«Pour les personnes qui sont sous traitement médicamenteux c’est un solution pour continuer de consommer du vin. L’espace d’un instant on leur apporte de la joie de vivre. C’est une catégorie en parfaite croissance, nous avons deux marques disponibles : L’Ôpia et Pierre Zéro», détaille la directrice générale.

« J’assure d’être une femme d’affaire »

« Si vous êtes une femme et que vous arrivez à vous en sortir dans un univers largement masculin, c’est que vous avez beaucoup plus de pertinence et de de résistance. J’assume d’être une femme d’affaire, avec une ouverture d’esprit, très ouverte sur le monde qui nous entoure »
Mathilde Boulachin

Quand nous lui demandons s’il est délicat d’exister en tant que femme dans le milieu du vin, Mathilde Boulachin sait répondre. « Au départ, que c’était un facteur limitant, surtout une industrie qui est très traditionnelle. Mais aujourd’hui j’estime que c’est un avantage, car c’est un facteur de différenciation fort car le management est different, atypique, et non pas car je suis une femme, mais surtout car je suis suédoise dans ma manière de travailler, grâce à l’expérience engrangée lors de mon expatriation ».

Elle applique le modèle de management qu’elle a toujours connu en Scandinavie. «Nous avons mis en place une démarche de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) différente qu’en France, inspirée de mes expériences à l’étranger»,ajoute t-elle. De manière générale, la RSE désigne la prise en compte par les entreprises, sur base volontaire, des enjeux environnementaux, sociaux et éthiques dans leurs activités.

La suite, sans « attraper la grosse tête »

L’avenir ? Continuer d’acquérir des parts de marché a l’export, de conforter la présence française et européenne, de continuer de grandir, d’innover et d’avoir une implication sur le territoire. « Nous voulons redonner à notre territoire son passé de territoire mondial du vin, nous avons tout pour y arriver : le vignoble, les hommes, le soleil, les capacités logistiques pour le faire et des gens brillants avec des expériences formidables », ajoute Mathilde Boulachin. Son job reste une passion, réseauter sur un plan national dans l’univers des chefs d’entreprises c’est ce qu’elle aime faire, tout comme apprendre, c’est une éternelle étudiante, « j’ai tout à apprendre, il faut grandir en même temps que ma société. Je reviens du G20 des jeunes entrepreneurs. Trente sociétés représentaient la France en Argentine. J’y étais en tant que chef d’entreprise française c’était un grand honneur », se réjouit la lauréate du Trophée Performance Eco 2016 du Women Equity et plus récemment récompensée aux Masters de la lettre M.

Si elle collectionne les récompenses avec sa société, pas question « d’attraper la grosse tête ». Elle garde la tête sur les épaules. «J’ai une approche assez humble sur les récompenses, je reste les deux pieds sur terre. Ça donne du sens à toutes les générations à venir, ça peut donner de la motivation. In fine, tout est possible et c’est cette image que je veux montrer et défendre. J’ai beaucoup plus de satisfaction de me dire qu’à la fin de l’année, je fais vivre 20 collaborateurs qui vont chaque jour bosser avec de la motivation et que j’aime voir grandir», conclut Mathilde Boulachin.

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