Pierre-Paul Riquet, qui sait celui-là ?

Pierre-Paul Riquet, qui sait celui-là ?

Pierre-Paul Riquet naît à Béziers, probablement le 29 juin 1609 (le 29 juin étant le jour de la fête des saints Pierre et Paul, ce qui justifierait le choix de son prénom, dans une famille de notables et de commerçants.

Selon la légende familiale, il aurait fait ses études au Collège jésuite de Béziers (l’actuel lycée Henri-IV), puis aurait reçu une formation d’ingénieur.

Il mène une carrière prospère comme gabelou dans l’administration des gabelles, la perception de l’impôt sur le sel (grenetier au grenier à sel de Mirepoix de 1639 à 1641, receveur du même grenier à sel en 1645, sous-fermier des gabelles de Mirepoix et Castres en 1647 puis fermier des gabelles de Languedoc en 1661). Il s’enrichit notablement comme entrepreneur du transport du sel entre les entrepôts de Narbonne et les greniers à sel du Haut-Languedoc.

Aspirant à l’anoblissement, il se lance dans un grand projet, la construction du canal du Midi. Les projets antérieurs ne parvenant pas à résoudre le problème de l’approvisionnement en eau du canal. Pierre-Paul Riquet passe cet écueil grâce à sa connaissance de la montagne Noire. Il connaît un point de partage, le seuil de Naurouze, de part et d’autre duquel les cours d’eau s’écoulent, soit vers l’océan Atlantique, soit vers la mer Méditerranée. Riquet y positionne le point culminant du canal, à 48 mètres au-dessus du niveau de la Garonne, et 190 au dessus de la mer.

Le 15 novembre 1662, Pierre-Paul Riquet propose son projet à Colbert. Il avance des arguments économiques (enrichir le Languedoc, notamment en développant le commerce du blé) et politiques (canal suffisamment large pour faire passer les galères du roi en évitant de passer par Gibraltar). Quelques mois plus tard, le ministre nomme des commissaires chargés d’étudier la faisabilité de l’ouvrage. Une première tranche des travaux est confiée par Colbert à Riquet (édit royal d’octobre 1666 qui décrète le début des travaux au 1er janvier 1667).

Riquet investira sur ses fonds propres deux millions de livres, sur un projet estimé entre 17 et 18 millions de livres de l’époque et qui constitue le deuxième chantier du royaume après celui du château de Versailles. En contrepartie, il reçoit les droits de péage du canal et bénéficie des retombées des échanges commerciaux, ce qui ne l’empêche pas d’être fortement endetté (en raison des retards de paiement de Colbert, les finances de l’État en guerre étant au plus bas), à tel point qu’à sa mort ses héritiers devront vendre la moitié de leurs parts du canal.

Lorsque son ouvrage est mis en doute, Riquet fait preuve d’une étonnante ténacité, allant jusqu’à désobéir aux ordres de Colbert. Ainsi, il n’hésite pas à détourner des ouvriers pour faire percer, malgré les ordres royaux, l’improbable tunnel de Malpas.. Il est le premier à instituer la mensualisation des salaires et la sécurité sociale pour ses ouvriers (même malades ou s’il pleuvait, ils étaient payés) afin de les fidéliser.

Atteint de goutte et souvent victime d’accès de fièvres quartes caractéristiques d’un paludisme dégénérant, Riquet associe à la construction du canal son fils ainé, Jean-Mathias, qui est souvent son intermédiaire auprès de Colbert. Pierre-Paul Riquet meurt à Toulouse le 1er octobre 1680, dans son hôtel de Frascati, avant la fin des travaux du canal du Midi. Ses deux fils achèvent l’ouvrage (Jean-Mathias en prenant la direction), inauguré un an plus tard, en 1681.

Pierre-Paul Riquet est inhumé dans la cathédrale Saint-Étienne de Toulouse dans un caveau voûté accessible sous une dalle au sol aux inscriptions difficilement lisibles. Une plaque commémorative sur le pilier rappelle néanmoins sa présence.