Réussite éducative : happy ends à la clé !

Réussite éducative : happy ends à la clé !

Avec du temps, de l’écoute, de la bienveillance et une approche innovante, on aboutit à de sacrés résultats… Retour sur le parcours de deux enfants qui ont bénéficié du dispositif de réussite éducative.

Christophe*, 15 ans, scolarisé en 3ème, suivi 17 mois

Ce jeune adolescent de la Devèze présentait des difficultés dans le développement de ses acquisitions, manquait d’appétence scolaire et évoluait dans une famille qui ne parlait pas la langue. L’objectif du référent a consisté à lui donner plus d »organisation dans son travail scolaire, d’assurance et de motivation. L’apprentissage de l’anglais y a contribué. C’est au milieu du parcours que les effets du dispositif de réussite éducative (DRE) se sont fait sentir. Christophe a terminé premier de sa classe en seconde avec les félicitations et décroché son bac S avec mention ! Il est désormais professeur de mathématiques à Montpellier…

Nolan*, 4 ans, scolarisé en moyenne section, suivi près d’un an et demi

Nawel Bouhadjela, sa référente du DRE, chanteuse de profession, revient sur son impressionnant cheminement…  
Nawel Bouhadjela, référente au DRE et , chanteuse.

Nawel Bouhadjela, référente au DRE et chanteuse.

Parlez-nous du parcours de cet enfant.

J’ai suivi Nolan et sa mère – seule à élever trois enfants et confrontée à des violences conjugales – pendant près d’un an et demi. Il souffrait de troubles du langage, du comportement et des apprentissages. Sensible et colérique, il peinait à s’intégrer à sa classe et accusait des retards. Avec les suspicions d’autisme, mon objectif était de les accompagner dans les dédales administratifs du parcours de soin (montage d’un dossier à la Maison du handicap, bilan en pédopsychiatrie, consultation de spécialistes…). Parallèlement, je le retrouvais une fois par semaine pour le soutenir dans ses apprentissages (langage, autonomie, confiance en soi, etc.). Je l’ai considéré comme un enfant normal, souhaitant le valoriser et éviter la stigmatisation de ses difficultés. A notre première entrevue, il ne me fixait pas du regard, ne communiquait pas, courait d’un endroit à un autre, répétant à tue-tête des dialogues de dessins animés. Mais il chantait, et juste ! J’ai alors commencé à jouer des accords sur un piano virtuel de ma tablette ce qui a progressivement stoppé sa course. Il s’est approché de moi et s’est assis. Après avoir essayé à son tour, j’ai diffusé du piano classique en fond sonore, et nous avons pu nous mettre au travail. Nous venions de trouver un langage…

La musique était donc la porte d’entrée ?

J’ai vu qu’il avait des prédispositions musicales et de l’intérêt pour cet art. Pour contribuer au développement des acquisitions, j’ai adapté une grande majorité de nos activités ou jeux. L’éveil musical l’aidait à développer sa mémoire, sa concentration, sa logique mathématique, sa motricité fine.. Je mettais du classique ou du jazz pendant nos entretiens. Ça l’attirait et le canalisait. Au fil des séances, il s’est mis à communiquer avec moi, à me poser des questions, à développer une mémoire auditive et visuelle incroyables. Il a gagné en confiance et en épanouissement. Nous avons fait des sorties au cinéma, au théâtre, vu des expositions. A l’école, il s’est plus investi dans son rôle d’élève, il était plus posé et disposé à être avec les autres. En parallèle, j’ai aidé la maman à mettre en place plusieurs suivis médicaux. Grâce à tous ces accompagnements combinés, il a progressé à tous les niveaux : apprentissages, interactions sociales, comportement, expression orale… Il avait le sentiment d’être enfin compris et pris en charge.

Quelle a été la suite ?

Quelques mois après son arrivée dans le dispositif, l’autisme a été démenti par les spécialistes. Ses troubles du langage étaient liés au fait qu’il avait été témoin de conflits entre ses parents dans ses premières années de vie et qu’il s’était enfermé dans son monde. A présent, il est en CP. Il est dans le peloton de tête et ne veut qu’apprendre et aller plus vite que les autres ! Il continue ses activités artistiques, il chante, fait du hip-hop et du théâtre… Il a encore quelques frustrations et bénéficie toujours d’un suivi en pédopsychiatrie. Quant à sa mère, soulagée, elle savoure les incroyables progrès de son fils et estime que l’accompagnement du DRE a été déterminant. Elle a été actrice de cette réussite. Sans cela, rien n’aurait été possible. Elle fait désormais du bénévolat dans une association pour venir en aide aux mères qui se trouvent dans des situations similaires à la sienne…

C’est ça la force du DRE, tirer sur des ficelles auxquelles personne n’avait pensé ?

Nous sommes au plus près des familles sur le long terme et parvenons à créer une relation de confiance. J’y suis référente depuis 2012 et j’ai apprécié la possibilité qu’il offrait de proposer des alternatives, ludiques et artistiques pour la réussite de l’enfant. Formée dans ce domaine, j’ai souhaité partager une autre approche pédagogique ; la musique au service des apprentissages. Développement cognitif, socio-affectif, moteur… les bienfaits sont multiples. On ouvre le champ des possibles en prenant en compte la personnalité de chaque enfant et la singularité de chaque famille. On met à leur disposition notre connaissance du réseau de santé, social, éducatif ou encore associatif et on fait le lien. On oeuvre avec bienveillance dans leur intérêt, sur un bout de leur chemin, à leur rythme, sans stigmatisation de l’échec. C’est beau parfois de voir où commence un parcours et comment il finit.

* Afin de préserver l’anonymat, les noms des enfants ont volontairement été changés.
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