Rudy Lévy : un médaillé de France dans l’Agglo !

Rudy Lévy : un médaillé de France dans l’Agglo !

A l’occasion des prochaines journées nationales APIdays du 13 au 15 juin, zoom sur le métier d’apiculteur avec le propriétaire du « Mas du thym » à Bassan, Rudy Lévy. Ce passionné des abeilles a décroché la médaille d’argent au Concours des miels de France. Il produit également des huiles essentielles bio avec ses immenses champs de thym. Rencontre.

Pourquoi avoir participé au Concours des miels de France ?

Je suis adhérent à l’Union nationale de l’apiculture française (Unaf) qui l’organise. Je me suis dit : « Pourquoi ne pas présenter mon miel de châtaignier ? ». Après une première analyse, j’ai été accepté et j’ai décroché une médaille d’argent parmi la soixantaine de miels en lice dans ce concours. C’est une belle reconnaissance qui va peut-être m’ouvrir les portes de restaurants parisiens ou de l’ambassade américaine qui est très friande des miels médaillés de France. Cela m’a aussi permis de rencontrer d’autres apiculteurs pour connaître leur façon de travailler.

Le miel de la victoire !

Le miel de la victoire !

Cela a-t-il été bénéfique ?

Oui, car l’apiculture est un milieu fermé et les apiculteurs sont les oubliés de l’agriculture. Nous ne sommes pas un poids qui pèse alors que nos abeilles sont plus fragiles et demandent une énorme attention. Nous avons besoin d’être soutenus, d’entendre d’autres professionnels parler de leurs méthodes, de leurs difficultés. Je m’informe beaucoup aussi auprès de l’Unaf en ce qui concerne les maladies, les pesticides, le climat, le manque d’eau, etc.

Vous produisez du thym également…

J’ai même commencé par là. C’est grâce à mes plantes aromatiques que je me suis lancé dans le miel de garrigue et dans les huiles essentielles que je distille et vends. En plus de mes 200 ruches, j’ai donc 12 ha de plantes. Tout est entièrement bio depuis huit ans pour les plantes. Les ruches le seront en juin. C’est un choix, celui de la qualité et de la protection de l’environnement pour laquelle je suis investi.

Le métier est difficile, vous vous y plaisez ?

J’ai tout lâché en 2012, je suis allé un an à l’école car j’ai toujours voulu être exploitant. C’est très compliqué, je suis parti de zéro avec quelques terres en friche. Il faut travailler du lundi au dimanche. La charge est lourde, entre la transhumance, la récolte et la vente. D’autant que je fais tout à la main, je ne suis pas motorisé, je n’ai pas de grue comme les gros professionnels qui ont 1500 ruches. Je ne me verse pas de salaire, mais je suis dans mon élément avec mes abeilles et mon miel. Pourtant, je suis allergique aux deux !

A quoi ressemble une journée type au Mas du thym ?

Il n’y en a pas ! Chaque journée est différente et chaque saison a son boulot dans le miel. Lorsque les abeilles hivernent, je regarde si elles ne manquent de rien, auquel cas, j’y fais face pour que, au moment des miellées, l’essaim soit au plus fort de sa capacité. Je surveille les éventuelles maladies. Les vols aussi (un essaim coûte 160 euros !). Quand les beaux jours et la chaleur arrivent, j’ouvre les ruches, je commence les divisions et je les apprête à de déployer sur leur milieu ; les châtaigniers, les roses, le thym… Il faut également préparer les miellées et les boutures de thym.
Ensuite je récolte le miel, je fais les huiles essentielles. Je suis également présent sur le marché de producteurs bio à Bassan car c’est là que je suis né. Bref, ça ne s’arrête jamais !

Et le temps libre dans tout cela ?

Lorsque je peux m’en octroyer, je m’adonne à la chasse sous-marine en apnée. Je suis asthmatique depuis tout petit et cela m’apaise. Quant à mon thym, il me soigne les bronches.

Après une médaille d’argent à 37 ans, avez-vous encore des projets ?

Je souhaiterais développer les plantes aromatiques et créer une véritable filière. Et puis, évidemment, retenter le concours l’année prochaine et gagner l’or !

C’est tout ce que l’on lui souhaite ! Et si vos papilles avaient l’envie de butiner son miel : www.lemasduthym.com.

L’apiculteur dans son environnement, c’est par ici !
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