Rudy Ruiz , le « tonton » de la boxe

Rudy Ruiz , le « tonton » de la boxe

Jaouad Belmedhi

Rudy Ruiz (à gauche) est l’entraineur de Jaouad Belmehdi (au centre), l’un des quatre boxeurs professionnels issus du Boxing Club Marcel Cerdan de Béziers. Rencontre avec celui qui lui enseigne ses meilleurs coups.

Qui êtes-vous ?

Je m’appelle Rudy Ruiz, j’ai 38 ans et je suis entraineur au Boxing Club Marcel Cerdan depuis 2007, date à laquelle j’ai commencé à m’occuper de Jaouad Belmehdi. J’ai arrêté la compétition à ce moment là pour me consacrer à la formation des boxeurs et reprendre le club de mon père.

Ce club est donc une histoire de famille ?

En effet, mon père Mario Ruiz a créé le Boxing Club Marcel Cerdan (BCMC) en 1984, il a entraîné de nombreux champions. Aujourd’hui il a pris sa retraite, et j’ai repris fièrement et avec honneur le flambeau. Le nouveau président du BCMC s’appelle Franck Chapuis et le second entraineur est Emmanuel Montoya. Des boxeurs m’appellent même « Tonton » c’est devenu mon surnom. On s’entraine dans un esprit familial et c’est très agréable.

Combien de licenciés compte le club ?

En moyenne, par saison entre 70 et 80 personnes par an, majoritairement des hommes. Mais on comptabilise une vingtaine de filles. Le club est ouvert à toutes et tous dès l’âge de 10 ans. Ils commencent par l’apprentissage via la boxe éducative mais au final nous sommes un club formateur pour la compétition pas trop pour le loisir. Les inscriptions démarrent à partir de septembre, nous proposons deux séances gratuites.

Boxing Club Marcel Cerdan Quelles sont les qualités requises pour être un bon entraineur ?

Tout d’abord il faut aimer la boxe et les jeunes. Ne surtout pas faire ça pour l’argent. C’est une discipline où il faut savoir faire confiance aux jeunes. C’est pour cela que l’on a pu travailler aussi longuement depuis la création du club. Nous pouvons dire que l’on s’entend tous bien.

Pourquoi dit-on que la boxe est un sport noble ?

Il faut rappeler les valeurs de la boxe. Cette discipline apporte du respect entre chaque individu. Il est vrai que la boxe attire plus les jeunes de quartier, issus de familles modestes, parfois en difficulté. C’est un sport où il faut avoir faim pour le pratiquer. C’est pour cela que je veux que l’on parle de ces jeunes-là, les remercier pour leur engagement dans cette discipline. On dit que la boxe est un sport individuel mais il se pratique en équipe. Si on n’est pas toute une équipe, un club ça ne fonctionne pas. Quand un boxeur comme Jaouad Belmehdi, que je considère un peu comme le capitaine de notre club, est sur le ring, tous les autres boxeurs le soutiennent. Et quand ce sont les petits qui boxent, les professionnels viennent aussi les soutenir. C’est un réel échange de soutien et ça fait partie des valeurs de la boxe.

Quels sont les objectifs pour la saison à venir ?

Des objectifs, il y en a tous les jours pour chaque boxeur, à tous niveaux. Les jeunes boxeurs visent le championnat régional qui s’avère un peu plus costaud avec la nouvelle grande région Occitanie. Les frontières sont un peu plus ouvertes et donc le niveau des championnats s’est intensifié. L’objectif principal reste la boxe professionnelle, c’est la vitrine du BCMC. Je souhaite que Jaouad Belmehdi devienne champion et qu’il remporte la ceinture du « criterium » avant de s’engager dans la coupe de France.

Comment se présente la saison 2018/2019 ?

Tout se présente bien. Nous allons former deux boxeurs professionnels supplémentaires : Gaston Dué (32 ans) et Justin Dieme (23 ans). Ils rejoignent Lucas Cabeo et Jaouad Belmehdi. C’est un beau challenge pour le club, cela prouve qu’il y a un intérêt pour l’apprentissage que l’on propose à ces jeunes.

Boxing Club Marcel Cerdan Retrouvez l’interview de Jaouad Belmehdi en cliquant ici.

Est-ce que le club recrute ?

Pas du tout, la boxe ce n’est pas le football, il ne faut pas confondre. Pas de mercato à chaque saison dans la boxe. Nous sommes dans un club qui forme et accompagne, de la théorie à la pratique. Alors qu’un club qui cherche à recruter va promettre à un boxeur de le faire boxer davantage à condition qu’il quitte son club d’origine. Dans cette discipline il n’existe pas de salaire mensuel. Plus il y a de combats plus le boxeur a des chances de gains. Ce n’est pas la politique de notre club, ça ne l’a jamais été et ça ne le sera jamais.

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