Un vélo, 26 000 kilomètres, 365 jours, 27 pays

Un vélo, 26 000 kilomètres, 365 jours, 27 pays

A 26 ans, Gabin Corredor s’est mis en tête de réaliser le défi de sa vie, en traversant les frontières et en partageant sa passion. Un tour du monde à la rencontre des autres cultures qu’il a retranscrit jeunes accompagnés par le Dispositif de réussite éducative de Béziers.

Ulysse. Non, nous n’allons pas parler du personnage central du poème de l’Odyssée… Pour Gabin Corredor, Ulysse a été son compagnon de route pendant 365 jours, son vélo ! Celui avec lequel il a réalisé un défi, autant qu’un rêve : traverser les continents. Il lui aura fallu un moral d’acier, une volonté de fer et un corps en béton. Mais il l’a fait.

Et il est venu raconter son périple aux enfants bénéficiant d’un parcours personnalisé de réussite éducative au sein du dispositif éponyme*, à la médiathèque André-Malraux de Béziers. Ces enfants et leur famille ont pu découvrir les moments forts de son “odyssée” via un film rétrospectif de 35 min. Gabin Corredor a ensuite été mitraillé de questions par les enfants, captivés par l’histoire de ce jeune Biterrois qui a décidé de vivre ses rêves.

Rien ne le prédestinait pourtant à cette aventure hors norme. “Après avoir décroché mon bac, je me suis intéressé à la danse”, relate Gabin Corredor. Il s’inscrit donc à “L’Espace 13” à Béziers et au Conservatoire de l’Agglo (devenu L’avant-scène). Il enchaîne avec une formation de danse de deux ans à Montpellier, foule les planches du Ballet junior de Genève puis la Compagnie nationale de Malte, sans que jamais, sa soif de découvertes et son envie furieuse de dépasser ses limites ne soient assouvies. “La danse était mon rêve, je voulais danser toute la journée, en faire mon métier. Mais je voulais aussi donner l’envie aux autres d’en faire. J’en ai fait un défi.”

“Des rencontres incroyables”

Après une préparation de plusieurs mois, la recherche de sponsors pour construire son bolide d’Ulysse (par Fabrice Picard de Ultimate Cycle Distribution) qui serait capable d’emprunter les chemins les plus improbables, et le bouclage d’un budget via un financement participatif, voilà Gabin parti. Avec ses 40kg de bagages comprenant une tente, un sac de couchage et quelques vivres. “Mon idée, c’était de voyager, de provoquer des échanges, de découvrir de nouvelles personnes, de nouvelles cultures. J’y ai fait des rencontres incroyables.”

26 000 kms, 27 pays en 365 jours. Asie centrale, d’Istanbul à Almaty sur la route de la soie où il a traversé les déserts et les montagnes. Hanoï, Bangkok, Thaïlande, Vietnam, Cambodge où il a “partagé le peu qu’ils ont”. Ushuaïa, la ville la plus au Sud du monde “où il neige en été”. Avant de remonter vers Rio pour prendre un vol vers le Portugal, direction, sur la selle, l’Espagne et Montpellier. Le froid, le vent glacial, la chaleur étouffante, mais le “sentiment de liberté et d’indépendance” ont pris le dessus au final.

Un an de vélo, c’est beaucoup d’émotions. Parfois, c’était difficile car j’étais fatigué, malade ou blessé. J’ai passé 80% du temps à dormir sous la tente. Mais j’étais également sur le réseau Warmshower donc j’ai pu être accueilli chez l’habitant dans de grandes villes comme en Argentine. Je pouvais faire une lessive et surtout, discuter avec mes hôtes. Je me souviens d’un gars en Turquie qui m’a permis de dormir dans son supermarché ! J’ai toujours trouvé des solutions pour me laver. J’ai gardé le contact avec certains d’entre eux. Les rencontres étaient tellement formidables que j’ai vite oublié le reste !

« Vivre ses rêves »

Vivre ses rêves, ses passions, travailler sur l’estime de soi, apprendre le goût de l’effort et le dépassement de soi, mieux se connaître, dépasser les préjugés, s’ouvrir à l’autre et aux autres civilisations, respecter l’environnement… Autant de valeurs – partagées par le Dispositif – qu’en un seul échange, Gabin Corredor a pu transmettre aux enfants, captivés par son histoire.

La suite ? “Le film de 35 min pourrait faire l’objet d’un 52 minutes que je proposerai aux chaînes télé”, annonce-t-il. Et côté voyage ? “Peut-être l’Afrique à pied. Mais plus tard, non, on a le temps ?”. Oui, Gabin n’a que 27 ans. Mais déjà un sacré bagage avec Ulysse…

Quelques extraits de son journal de bord :

« Une chose aura été vraiment plaisante durant le voyage : la simplicité de la vie qu’il offre. On est tellement occupé dans la vie… j’ai découvert sur le vélo que si tu fais le ménage de toutes les choses futiles qui ne sont pas importantes, tu as soudainement tout le temps que tu désires pour faire ce qui a de l’importance pour toi… »

« Fais ce que tu veux, ce qui te plaît, fais-le bien, avec passion, innovation, enthousiasme, dans l’effort, et tu pourras très certainement vivre sans jamais dire « Je regrette ».

Une chose est sûre, les enfants et les familles du DRE n’ont pas regretté le voyage dans l’Odyssée de Gabin.

* Le dossier complet sur le dispositif de réussite éducative est à retrouver ici.