« Il y a une volonté forte de s’en sortir »

« Il y a une volonté forte de s’en sortir »

Olivier Leyssenot, premier vice-président de la CCI Hérault
La crise sanitaire historique qu’a traversée la France a profondément impacté les commerçants et entreprises du territoire. Mais les représentants locaux du monde économique ne baissent pas les bras.

Il y aura un avant et un après. Au-delà du drame sanitaire, la pandémie n’aura pas épargné le tissu économique local, déjà fragilisé. Commerces de proximité, bâtiment, immobilier, tourisme, restaurants… tous ces piliers du Biterrois ont volé en éclats. Quelles conséquences pour demain ? Faudra-t-il consommer autrement ? Se dirige-t-on vers une digitalisation du commerce ou, au contraire, un retour à la proximité ? Le territoire a-t-il toutes les cartes en main pour se relever ?

Depuis l’annonce du confinement, Jean-Raymond Lopez, président du Tribunal de commerce de Béziers ; Olivier Leyssenot, premier vice-président de la CCI Hérault et Marc Aufort, président du Medef Ouest-Hérault, sont sur le front, auprès des acteurs économiques. Oui,les séquelles seront lourdes et longues à effacer, mais pas question de jeter l’éponge. Ils réfléchissent collectivement à la meilleure façon de relancer la machine post-Covid.

Voici la vision d’Olivier Leyssenot, 1er vice-président de la CCI Hérault et directeur de magasins de prêt-à-porter.

Comment les commerçants vont-ils réussir à mettre en place les gestes barrières et les mesures sanitaires sans subir de longues files d’attente ?

L’impact de la pandémie a été colossal. L’activité du centre-ville pendant le confinement a diminué de 30 à 90 % pour certains commerces. Le contact humain, l’écoute et le conseil sont les grandes forces des petits commerces. La mise en place des mesures sanitaires est donc très délicate. Il doivent réussir à conserver cette proximité qui leur permet de se démarquer et de générer du chiffre d’affaires tout en mettant en place des gestes qui, comme le nom l’indique, sont barrières et donc éloignent les personnes entre elles. C’est un vrai défi pour ne pas rompre le lien.
Mais les files d’attente dans les magasins sont un bon signe. Je préfère voir des commerces qui ont des difficultés à les gérer plutôt que des magasins vides.

Quel sera l’impact de cette pandémie sur le commerce et la façon de consommer ?

La situation des commerces est compliquée depuis 2015. Ils ont connu les attentats, puis les manifestations de gilets jaunes et aujourd’hui la pandémie de la Covid-19. La situation sanitaire n’a fait qu’accélérer les difficultés des commerces les plus fragiles.

Parallèlement, la consommation est en mutation, elle devient plus raisonnable, plus verte. Le confinements a appuyé ce changement, les consommateurs se tournent davantage sur les commerces de première nécessité, ils ont changé leurs habitudes d’achats. De plus, nous vivons dans une région fortement touristique. La saison estivale est très importante pour la reprise économique. J’espère que les Français ont entendu l’appel de leurs commerçants et resteront en France pour leurs vacances tout en consommant local.

Avec le confinement, les ventes en ligne ont semblé croître. Pensez-vous que le commerce de demain devrait passer par le e-commerce pour se réinventer ?

L’e-commerce a explosé pendant le confinement. Un grand nombre de petits commerces ont déjà investi dans un site Internet ou une page sur un réseau social. A tel point qu’aujourd’hui, le numérique n’est plus gage de démarcation.

En revanche le numérique demande une nouvelle organisation au sein de l’entreprise tant pour la logistique que pour la ressource humaine. Pour faciliter et accompagner la mise en place du numérique dans les commerces, des initiatives sont mises en place telles que croutons.fr qui permet la livraison à domicile des plats des restaurants biterrois. Cela permet au restaurateur de se concentrer sur son métier et de déléguer la commercialisation sur Internet et l’organisation de la livraison.

Je pense que ce confinement n’a fait qu’augmenter les différences entre les commerces de l’ancien monde et ceux qui sont déjà passé au nouveau monde et aux nouvelles technologies.

Comment la Chambre de commerce et d’industrie épaule les commerçants et les entreprises du territoire ?

La CCI a réfléchi à des dispositifs, au-delà du financier, afin de soutenir psychologiquement les commerçants. Pour cela, dès l’annonce du confinement, elle a mis en place un numéro vert pour répondre aux questions des entreprises. Ce confinement a été réellement un choc psychologique. Nous avons reçu des milliers d’appels. La Chambre de Commerce et d’Industrie est devenue naturellement l’interlocuteur privilégié des chefs d’entreprises.

Aujourd’hui nos réflexions se portent sur l’avenir. Nous travaillons en collaboration avec les syndicats de branches professionnelles, les syndicats patronaux, les institutionnels et le Tribunal de commerce de Béziers.

J’ai une grande confiance dans le territoire biterrois. Les chefs d’entreprises sont de nature optimistes malgré, évidement, les dégâts financiers et psychologiques de cette pandémie. Ils ont aussi pris conscience qu’ils ne pouvaient pas gérer seuls cette situation exceptionnelle. Ils ont besoin d’être épaulés et une solidarité naturelle s’est mise en place. Le monde économique local réfléchit collectivement, et il y a une volonté forte de s’en sortir.

Pour favoriser cet élan, la Chambre de commerce et d’industrie met à disposition une boite à idées afin de récolter tous les projets qui pourraient aider la relance économique du territoire.

Je sais que ce sera compliqué mais je suis persuadé que l’on s’en sortira en travaillant ensemble.
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