Interview Cédric Botella – Instadrone

Interview Cédric Botella – Instadrone

   

À 43 ans, Cédric Botella, est un chef d’entreprise qui peut avoir le sourire. Ce père de trois enfants, originaire d’Argelès-sur-Mer est installé depuis de nombreuses années à Servian. Après 20 ans de gendarmerie, il a créé avec sa femme Aurélie Malgouyres une société qui utilise des drones dans plusieurs domaines. Le succès est là, il nous explique tout.

Instadrone, c’est quoi ?

L’aventure est née suite à un vol de reconnaissance en hélicoptère, j’ai eu l’idée de proposer des photos aériennes des maisons aux particuliers. Je me suis documenté, c’était le début des drones sur lesquels on posait des caméras. Nous avons créé Instadrone en janvier 2014, dans un premier temps pour la photo et la vidéo, puis nous nous sommes diversifiés car nous avons senti le formidable attrait pour l’industrie, le drone est un véritable porte outil.

Dans quel secteur êtes-vous devenu essentiel ?

Très rapidement Instadrone est devenu en France le pivot sur la prestation technique en drone dans le secteur de télécommunication. Par exemple, quand il faut implanter un nouveau pylône, on utilise un drone pour faire des panoramiques à différentes hauteurs pour en définir la meilleure. Nous faisons également des simulations et des calculs de visée entre chaque pylône. Certains drones peuvent viser jusqu’à 30 km (10 km en moyenne).

Comment se compose votre équipe ?

Grâce à la télécommunication, secteur dans lequel le succès est au rendez-vous, il a fallu agrandir notre équipe rapidement. Nous avons déployé 27 agences en France. Pour faire vivre ce réseau, j’ai fait appel à d’anciens camarades de promotion, des militaires en reconversion, des blessés d’Afghanistan, 50% d’anciens militaires et 50% de techniciens du civil (géologues, archéologues, littoralistes…). Ces profils sont essentiels pour moi, un militaire va toujours au bout de lui-même pour y arriver. Ils sont la puissance d’Instadrone et l’une des raisons de notre succès.

Comment se propage la marque Instadrone ?

Nous comptons sur nos 40 télépilotes, franchisés licence de marque. Ils ont pour mission de développer la marque Instadrone et la représenter. Pourquoi nous travaillons avec des grands groupes ? Parce que nos équipes sont capables de faire la même prestation partout en France, de Strasbourg à Lille, en passant par Perpignan. Cela fait de nous le 1er réseau français et le plus grand parc de drone car nos opérateurs génèrent suffisamment d’argent pour acheter d’autres drones.

Justement, combien coûte un drone ?

Un drone d’entrée de gamme pour les professionnels coûte environ 1500 euros. Mais rapidement, il est nécessaire de passer à des gammes supérieures qui coûtent entre 15 000 € et jusqu’à 30 000 € pour les plus chers. Cela dépend des caractéristiques de chaque drone et du secteur dans lequel il sera déployé. Côté poids, entre 2kg et 25 kg.

Quelles sont les différents secteurs où Instadrone intervient ?

Nous comptons aujourd’hui six volets d’intervention de notre flotte de drones :

– la topographie, nous sommes l’une des premières sociétés à proposer la captation Lidar. C’est-à-dire que sur des zones très végétalisées, on utilise un drone avec laser qui scanne l’ensemble de la zone et enlève la végétation, avec une possibilité de 300 hectares/jour. Nous nous mettons au service des géomètres pour les plans topographiques ;

– la modélisation 3D, elle se fait à partir de la photogrammétrie du bâtiment. Il s’agit d’un procédé qui permet la génération d’un nuage de points dense à partir des photographies capturées lors de la phase d’acquisition ;

– l’inspection des ouvrages d’art, des structures (pont, bâtiment, château d’eau), l’inspection thermique et les prélèvements aquatiques ;

– l’agriculture et viticulture, c’est pour nous un domaine naissant avec un formidable potentiel pour l’épandage aéroporté et l’analyse de la végétation (le stress hydrique, pieds manquants…).

– la formation dédiée aux professionnels du drone, nous ne formons pas quelqu’un qui veut devenir télépilote, nous formons les télépilotes à se perfectionner, c’est un choix et un gain de temps pour nous.

Quel bilan dressez-vous de l’année 2020 ?

Nous sommes leaders sur la télécommunication, parmi les plus actifs dans la topographie, et progressons rapidement sur l’inspection car nous sommes devancés par Ginger, Vinci… Au-delà de ça, l’année 2020 a été une année de crise pour de nombreux secteurs mais pas pour notre filière car nous avons pu générer une croissance de 100 %. Les gens étaient en télétravail et notre métier c’est d’apporter de la data donc forcément nous avons eu une nette augmentation de la charge du travail. Nous avons réalisé 2,6 millions de chiffres d’affaires, on a doublé le CA dans toutes les agences. Le bilan est très bon.

Dans quel état d’esprit êtes-vous pour attaquer 2021 ?

Le même qu’en 2020, nous pensons réaliser la même croissance cette année. Côté embauches, à Servian fin 2019 nous étions trois, aujourd’hui on compte douze salariés. Nous centralisons le traitement de la donnée ici à Servian puis nous la valorisons.

Comment s’est faite la rencontre avec Free / Xavier Niel ?

Pendant le premier confinement, Free mobile a mis en place le « Plan covid-19 », un plan de soutien à ses prestataires. Free Mobile étant notre 1er client, Instadrone s’est manifesté même si on n’avait pas besoin de soutien financier, on leur a expliqué que nous souhaitions grandir à l’international et être accompagné. Nous avons eu une visio-conférence avec les dirigeants de Free. Ils ont voulu parier sur nos produits mais également sur l’aventure humaine qui émane d’Instadrone.

Dans quel pays s’exporte Instadrone ?

Nous avons créé des licences en Belgique, en Espagne, en Angola, au Maroc et grâce à Free nous ouvrons en Italie et en Pologne. Nous proposons les mêmes missions à l’étranger, cependant nous nous adaptons à chaque pays selon le secteur d’activité où l’on intervient. Exemple en Angola c’est l’industrie du pétrole et des mines de diamants qui portent le marché, au Maroc c’est l’agriculture…

Quels sont vos objectifs dans les mois à venir ?

Nous allons embaucher 3 ou 4 personnes à Servian en 2021 en partenariat avec Pôle Emploi la Courondelle à Béziers. Ce qui me rend heureux dans cette aventure, c’est de pouvoir créer des vocations dans le drone et de l’emploi dans le bassin biterrois souvent éclipsé par Toulouse et Montpellier. Nous prévoyons d’organiser des réunions de chantiers retransmises en direct via des drones, afin de réduire l’empreinte carbone liée aux déplacements, nous allons nous équiper d’un véhicule électrique et d’un toit avec panneaux photovoltaïques car nous sommes dans une démarche environnement durable. D’ici 3 à 4 ans, nous avons de belles ambitions avec Free/Iliad sur la 5G et d’autres domaines d’activités. Nous aimerions nous agrandir, l’Agglomération Béziers Méditerranée pourrait bien avoir un pôle d’excellence drone sur son territoire.

Petit scoop rien que pour nous ?

Dans le cadre du marché de la sécurité, Instadrone va ouvrir une agence en Côte d’Ivoire, l’occasion de mettre à profit notre passé d’anciens militaires. Autre information en exclusivité, nos équipes vont se rendre au Val des Muses à Askra (Grèce) pour faire de l’acquisition topographique Lidar des vestiges de l’Antiquité en mai 2021.

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