« Les commerçants doivent se réinventer »

« Les commerçants doivent se réinventer »

Marc Aufort Président du Medef Ouest-Hérault
La crise sanitaire historique qu’a traversée la France a profondément impacté les commerçants et entreprises du territoire. Mais les représentants locaux du monde économique ne baissent pas les bras.

Il y aura un avant et un après. Au-delà du drame sanitaire, la pandémie n’aura pas épargné le tissu économique local, déjà fragilisé. Commerces de proximité, bâtiment, immobilier, tourisme, restaurants… tous ces piliers du Biterrois ont volé en éclats. Quelles conséquences pour demain ? Faudra-t-il consommer autrement ? Se dirige-t-on vers une digitalisation du commerce ou, au contraire, un retour à la proximité ? Le territoire a-t-il toutes les cartes en main pour se relever ?

Depuis l’annonce du confinement, Jean-Raymond Lopez, président du Tribunal de commerce de Béziers ; Olivier Leyssenot, premier vice-président de la CCI Hérault et Marc Aufort, président du Medef Ouest-Hérault, sont sur le front, auprès des acteurs économiques. Oui,les séquelles seront lourdes et longues à effacer, mais pas question de jeter l’éponge. Ils réfléchissent collectivement à la meilleure façon de relancer la machine post-Covid.

Voici la vision de Marc Aufort, président du Medef Ouest-Hérault, associé fondateur du groupe Axylis.

Est-ce que la pandémie a été un frein pour la croissance des entreprises ?

Pour la plupart des entreprises, oui. Certaines activités ont été épargnées mais la plupart des entreprises ont été totalement freinées. C’est notamment le cas des commerces de proximité, du bâtiment, de l’immobilier, du tourisme, les hôtels café restaurant qui sont le pilier de notre économie locale.

L’industrie a été fortement ralentie et se pose beaucoup de questions quant à l’avenir. Le gouvernement souhaite, à juste titre, relocaliser le production et réindustrialiser la France. Mais il s’agit d’un objectif à moyen terme. A court terme, il est malheureusement possible que nos industries souffrent.

Quel sera l’impact à long terme sur le commerce et la façon de consommer ? Faut-il une transformation profonde du commerce ? 

Cette crise a accéléré et amplifié la consommation en ligne. C’est une évidence. Mais le phénomène était déjà bien engagé et touche depuis longtemps tous les commerces de centre- ville partout en France. Le phénomène n’est pas biterrois. Il s’agit d’un phénomène mondial.

Je ne saurais dire s’il s’agit d’un bien ou d’un mal. Mais c’est une réalité. Personnellement je suis très attaché aux relations humaines, à l’échange, au partage. Je ne pourrai pas me passer de l’échange avec les commerçants de proximité. Il est certes très facile d’acheter un bon vin sur Internet par exemple. Mais où est alors le plaisir de l’échange avec le caviste passionné ? Nous avons à Béziers un caviste qui a été élu le meilleur de France il y a 2 ou 3 ans et il ne fait aucune vente en ligne. Je ne sais pas s’il a tort ou raison. C’est son choix, son modèle économique, et sa liberté d’entreprendre.

Pour ma part, je pense que l’avenir repose sur un mix de consommation locale en B to C et de consommation de ligne.

Le confinement semble avoir fait grimper les ventes en ligne. Pensez-vous que le commerce de demain devrait passer par le e-commerce ? Y a-t-il eu des initiatives pour accélérer la digitalisation des commerces ?

Les commerçants doivent se réinventer. Comme je le disais, ils doivent proposer ce modèle de vente mixte, sur place et en ligne.

De nombreux commerçants ont déjà commencé. Sans forcement aller jusqu’à la création de sites de vente en ligne, nombreux sont ceux qui ont créée des sites vitrines et communiquent sur les réseaux sociaux. Ils doivent susciter l’envie de venir et proposer un service plus qualitatif et personnalisé qu’une simple boutique sur Internet. Des initiatives ont été prises par certains commerçants pour vendre en ligne et inciter à consommer local. Un site a notamment été développé à cet effet par une start-up biterroise : Localplace.

Comment voyez-vous l’avenir du commerce biterrois ? 

Vous le savez, j’en suis convaincu depuis fort longtemps, nous disposons de très nombreux atouts pour faire venir les consommateurs en centre-ville. Il faut continuer à travailler sur l’attractivité du Biterrois. Nous disposons d’une qualité de vie exceptionnelle qu’il faut faire connaître.

Le moment est particulièrement propice à cela. Les habitants des métropoles ont souvent très mal vécu le confinement et ils doivent aujourd’hui réutiliser des transports en commun saturés. Le moment est donc idéal pour abattre nos cartes et communiquer pour attirer de nouvelles entreprises, de nouveaux investisseurs et de nouveaux habitants. Mais avant la communication, il faut que nous ayons des structures d’accueil parfaitement opérationnelles pour les entreprises et les salariés. Il me semble qu’aujourd’hui tout le monde œuvre dans le même sens.

Je suis convaincu que le territoire Ouest-Héraultais, idéalement placé entre les deux métropoles régionales, va très fortement se développer dans les années à venir.

Comment le Medef soutient les commerçants et les entreprises ?

Le Medef accompagne les entreprises et les commerçants, Covid-19 ou pas. Nous sommes là pour les représenter et les défendre continuellement. Avec trois salariés permanents, nous essayons d’être un facilitateur local pour aider les entreprises à se développer, à se rencontrer, à s’implanter, à trouver les bons interlocuteurs.

Nous sommes le lien entre elles et les différentes institutions (Urssaf, AIST, fonds de formation, etc…) ainsi que les différentes juridictions les concernant (Tribunal de commerce et Prud’homme notamment).
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